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Affaire Grenade, incendie à Madina, nouvelle semaine de manifs… Cellou Dalein dit tout (Interview)

Le Chef de file de l’opposition était face à la presse ce dimanche au QG de son parti. Venu devant le pupitre pour répondre aux questions d’éclaircissement sur une déclaration de l’UFDG, lue peu avant par un autre responsable du parti, Cellou Dalein Diallo, a fini par évoquer quasiment tous les grands sujets d’actualité du pays.

La rédaction de Mosaiqueguinee.Com vous propose les points forts de cette conference de presse improvisée.

Macky Sow (Espace TV) : comment avez-vous appris l’incendie survenu à Madina ?

Céllou Dalein Diallo :  C’est un militant de l’UFDG qui m’a appelé vers 06 heures pour m’apprendre que Madina était en flamme et que depuis 03 heures du matin, il y avait le feu à Madina. J’ai pris contact avec des gens. C’est après que j’ai décidé d’y aller personnellement pour faire le constat et exprimer ma solidarité et ma compassion à mes compatriotes  citoyens guinéens qui ont subi des préjudices à l’occasion de ce sinistre.

Macky Sow (Espace Tv) : on vous accuse d’entretenir un présumé bandit qui est finalement mis aux arrêts, que répondez-vous ?

Je n’ai pas de réponse à ça, j’attends qu’on me donne les preuves. Comme vous le savez, j’ai beaucoup de militants  en Guinée, en Afrique et dans le monde. Ce n’est pas parce qu’un militant, un citoyen a posé avec le président de l’UFDG, chef de file de l’opposition guinéenne qu’il va falloir dire que je suis associé à tout ce que chacun des militants fait quotidiennement.

Sara Sacko (France 24) : craignez-vous des poursuites après la sortie du procureur ? Il a parlé notamment de complicité pour avoir aidé ce grenade à sortir du pays pour aller se faire soigner au Sénégal ?

CDD : je n’ai pas aidé grenade à sortir du pays, je n’ai rien fait dans ce cadre. Donc nous sommes sûrs de n’avoir pas été associé quelque crime que ça soit s’il en a existé. Nous n’avons pas donc d’inquiétude bien que nous ne faisons pas confiance à la justice (Sourire). Nous n’avons pas une inquiétude particulière, nous pensons que c’est une diversion comme on l’a dit.

Aujourdhui, après 94 victimes tuées à bout portant, qui n’ont pas eu droit à la justice, pour lesquelles les autorités de ce pays n’ont déclenché aucune enquête, n’ont exprimé aucune compassion vis-à-vis des proches. Aujourdhui, sur ce terrain, il est en difficulté.

Parce que c’était de son décevoir, au moment de la commission des crimes de déclencher immédiatement des enquêtes pour identifier les auteurs et les déférer devant les tribunaux. Pourquoi depuis 2011, malgré tous les engagements pris dans le cadre des dialogues politiques et consignés dans les accords, le gouvernement n’a rien fait….

Thierno Amadou M’Bonet Camara (Mosaiqueguinee.com) : c’est une nouvelle semaine de manifestations qui s’annonce, est-ce que le gouvernement, ne serait-ce que par l’entremise de Tibou Kamara, vous a approché pour des négociations ?

CDD : disons oui… Depuis le début, j’ai discuté avec Tibou Kamara, avec le Médiateur de la République. Au terme de nos discussions, on s’était mis d’accord que le Président s’engageait à demander à la CENI, de recevoir nos réclamations, de les examiner en âme en conscience et d’en faire un rapport au Président de la République.

Vous vous souviendrez que le président de la CENI avait diffusé un communiqué à cet effet. Nous avons envoyé nos représentants à la CENI, ils ont discuté des modalités. Au moment même de cette discussion avec les représentants de l’UFDG, le président de la CENI a appelé la Présidence pour avoir des précisions.

Au sortir de cet entretien, le président de la CENI a compris qu’il est consulté en tant qu’expert électoral et il s’est engagé à faire son travail à son âme et conscience pour faire un rapport à qui de droit, en l’occurence M. le Président de la République.

Ceci est intervenu à l’issue des négociations menées par Tibou Kamara d’une part et peut être par le Médiateur de la République et même peut être par certains diplomates à qui on avait présenté nos griefs ainsi que les pièces qui les soutiennent.

Après quelques jours, lorsque nous sommes allés maintenant à l’exercice de présentation et de justification de  nos griefs, le président de la CENI a dit qu’il n’avait pas de base juridique, qu’il ne pouvait pas continuer l’exercice qu’on avait entamé.

A partir de là, la crise a repris, on a considéré qu’on a été trahi puisqu’on nous avait fait comprendre que cet engagement du Président de la République était ferme et que lorsqu’il aurait le rapport de l’expert, qui était pour la circonstance la CENI, il allait trouver une solution politique  pour réparer les préjudices subis par l’UFDFG  et les autres partis politiques de l’opposition.

Boubacar Diallo (Africaguinee) : votre parti appelle à la mise en place d’une commission internationale d’enquête pour les 94 morts que vous déplorées, avez-vous consulté l’ONU pour cela, quelles sont les chances de l’aboutissement de cette demande  ?

CDD : je n’ai contacté personne pour être membre de cette commission, je veux qu’il y ait une commission indépendante. Vous n’ignorez pas que dans ce pays, il y a une crise de confiance profonde entre les citoyens et les institutions. Nous voulons une commission indépendante qui fasse ce travail d’enquête avec des experts, avec des gens au dessus de tout soupçon, des gens crédibles et compétents, pour qu’ils nous disent comment ça s’est passé. Parce que le gouvernement n’a pas fait son travail au bon moment.

Boubacar Diallo (Africaguinee) : le Chef de la majorité parlemantaire, Amadou Damaro Camara, vous accuse d’instrumentaliser ces morts, que répondez-vous ?

CDD : comment voulez-vous, que le leader de l’opposition que je suis, avec tous ces militants qui croient en moi, qui sont dans l’UFDG et qui se battent, comment voulez-vous que j’organise leur assassinat comme on veut le prétendre?

Quel cynisme ! C’est impossible que vous tuez vos propres parents, les militants de votre parti… vous pouvez  faire ça ? Le gouvernement est à court d’arguments parce qu’il est incapable de justifier son laxisme et son refus d’ouvrir des enquêtes et de situer les responsabilités. Ils veulent aujourdhui attribuer à l’UFDG ces crimes commis par les forces de l’ordre…

Décryptée par Thierno Amadou M’Bonet Camara

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