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Fermeture délibérée des boutiques: le code de commerce en cours d’acheminement vers l’Assemblée nationale pour y mettre fin (Marc Yombouno)

Dans une interview accordée à notre rédaction lundi, 19 mars 2018 dans son bureau, le ministre du Commerce Marc Yombouno s’est prononcé sur des questions liées à son secteur. Il s’agit entre autres des journées sans commerce récemment appelées par le Groupe Organisé des Hommes d’Affaires (GOHA), les conséquences des manifestations politiques sur le commerce et l’incendie qui a fait plusieurs dégâts matériels au marché de Madina.

Lisez !

Mosaiqueguinee.com : Le GOHA a fait observer des journées sans commerce dans les semaines passées, alors monsieur le ministre, comment avez-vous accueilli cette nouvelle ?

Marc Yombouno : Lorsque nous avons vu cette déclaration, je l’ai (le président du GOHA NDLR) appelé pour attirer son attention sur le fait qu’à chaque fois qu’il voit les acteurs politiques programmer des grèves, il est toujours tenté de faire des déclarations pour que ses grèves aussi soient suivies par les commerçants. Je lui ai dit que ce sont deux choses très différentes. Dans l’activité du commerce, il n’y a ni politique, ni régionalisme, il n’y a rien d’autre que les affaires. Il faut qu’il fasse la distinction entre les intérêts politiques et ceux des commerçants.

Nous travaillons dans l’intérêt de tous les opérateurs économiques. Nous ne faisons pas de la politique dans nos activités, donc nous ne permettrons pas que des organisations quelle qu’elles soient, manipulent les commerçants pour accompagner les activités politiques. Donc sa déclaration n’engage que lui et nous avons demandé à tous les commerçants épris de paix, qui veulent organiser et idéaliser leurs activités, de continuer à travailler. Il est libre de dire à ceux qui le suivent de fermer. Mais ça aussi, il y a le code de commerce que nous allons bientôt envoyer comme projet de loi qui va être promulgué. Ce n’est pas permis à un commerçant agréé de fermer délibérément sa boutique parce que le consommateur a un droit qui lui permet d’acheter librement tout ce qu’il veut. Alors l’obligation du commerçant, c’est d’ouvrir sa boutique pour que les produits et les services soient vendus aux consommateurs. Sauf à une situation exceptionnelle.

Mosaiqueguinee.com : Monsieur le ministre Marc Yombouno, Quelles sont les conséquences des récurrentes manifestations politiques dans la capitale, sur le secteur du commerce ? 

Marc Yombouno : Dans le domaine du commerce, on dit souvent que l’argent a peur du bruit. Une fois que le débat se transporte dans la rue avec des pneus qu’on brûle, des routes barricadées ; cela ne permet pas la réalisation des activités économiques dans leur ensemble. C’est un blocage à l’investissement des étrangers dans le pays, qui empêche le pays de pouvoir profiter de toutes les opportunités que nous avons eues. Vous avez le financement chinois avec l’investissement de plus de 20milliards de dollars, le Plan National de Développement Economique et Social (PNDES) qui a été applaudi et ovationné à Paris. Donc la paix et la quiétude sont nécessaires dans la nation.

C’est pourquoi, nous demandons à toute la population guinéenne de mettre balle à terre, de se comprendre, de voir l’intérêt de la nation et de laisser les politiciens discuter de leurs problèmes au niveau de leurs sièges.

Ce qui est surtout malheureux, c’est cette jeunesse qui est actrice et victime en même temps de ces actes de débrayages. Pour l’emploi, la grande majorité revient au secteur privé, mais il ne peut pas avoir d’emploi, s’il n’y a pas de paix et de quiétude.

Mosaiqueguinee.com : Le week-end dernier, des centaines de boutiques et magasins sont partis en fumée à Madina, le plus grand marché de la capitale. Qu’est-ce que le ministère du commerce prévoit pour ces victimes ?

Marc Yombouno : J’ai été sur les lieux pour leur montrer que nous sommes solidaires aux victimes de cet incendie.

En tant que département du Commerce, nous prévoyons de faire respecter avec les gestionnaires de ce marché, les règles en la matière, c’est-à-dire que le marché soit géré de façon professionnelle. Quand je parle de gestion,  ce n’est pas seulement l’argent, c’est aussi l’emplacement, la circulation et la commodité à l’intérieur d’un marché. Même les personnes physiques ont des difficultés pour se frayer un chemin, à plus forte raison les sapeurs-pompiers. Il faut que le marché soit aéré pour qu’en cas de problème des moyens techniques puissent avoir accès.

On a eu des pertes énormes, des conteneurs, des points de ventes des produits, plus de vingt et quatre (24) ateliers de couture brûlés avec leurs contenus. Nous regrettons fortement cet incendie. Des leçons doivent être tirées pour éviter ces genres de dégâts.

 

Entretien réalisé par Marly Sall et Aissata Barry

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