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Conflit domanial à Matam :  le déguerpissement d’une famille révolte tout le secteur

Aux environs de 5heures GMT ce dimanche 29 avril 2018, des agents des forces de l’ordre ont mis dehors la famille de feu Abdou Sylla, au quartier Boussoura-centre, commune de Matam.

Venus à bord de quatre pickups, et accompagné d’une  machine Caterpillar, ces agents ont supervisé la mise à plat des deux bâtiments jusqu’ici occupés par cette famille. Les victimes et les autorités du quartier se disent toutes surprises parce que non informées à l’avance.

Les violences qui suivront feront, selon nos informations recueillies sur place, un mort dans les rangs des jeunes du secteur.

La veuve d’Abdou Sylla, visiblement affectée par cet acte, déclare que c’est dame Fatou Bangoura, fille d’Elhadj Momo Bangoura, qui est à l’origine de leur sort.

«J’étais à Coyah quand mes enfants m’ont appelée pour me dire que les policiers sont venus détruire nos maisons. Cet endroit a été acheté par mon feu mari, depuis 1966, dans les mains de  Fatou Bangoura, fille d’Elhadj Momo Bangoura. Le chef de quartier, qui avait participé à cette vente, est encore en vie.  Mais depuis le décès de mon mari, Fatou Bangoura nous demande de quitter notre domicile, en disant qu’elle n’avait pas revendu la parcelle à mon feu mari. Alors que nous avons tous les papiers illustratifs. Nous avons entamé plusieurs démarches auprès du tribunal de Mafanco, qui n’arrive jusqu’à présent pas à rendre justice. Aujourd’hui, nous n’avons plus rien, tout est détruit. Avec cette injustice, nous n’avons plus d’abri. Mais le plus déplorable, c’est quand les forces de l’ordre viennent sans nous avertir, comme si c’était de la rébellion», se plaint Nana Bangoura. 

Cette opération des agents des forces de l’ordre a aussi concerné une autre concession qui appartiendrait à feu Elhadj Momo Bangoura.

«Les policiers sont venus défoncer les maisons, dépouiller les habitants, détruire les  armoires, et lits. Même  la morgue de la mosquée n’a pas été épargnée, ils nous disent de quitter les lieux… Mais nous n’allons pas nous laisser faire. Ces concessions nous ont été laissées par notre père. Si Fatou Bangoura veut, elle n’a qu’à envoyer qui elle veut. Elle sait pertinemment qu’elle n’a plus rien à voir  dans nos problèmes de concessions, elle a déjà revendu sa part d’héritage à Abdou Sylla. Mais comme il n’y a pas de justice dans notre pays, on peut se permettre tout, nos maisons sont complètement vidées de leur contenu», se plaint Issiaga Bangoura, un des héritiers d’Elhadj Momo Bangoura.

A défaut de la principale mise en cause pour sa version des faits, notre rédaction a réussi à contacter le chef de quartier qui n’a pas caché sa déception.

«Je suis déçu de cet acte qui s’est produit dans mon quartier sans que je ne sois informé. C’est de l’injustice totale, qu’on vienne à pareille heure détruire injustement les biens d’une pauvre famille sans qu’aucune autorité du quartier ne soit informée…», s’indigne Morigbè Camara.

Beaucoup de témoins rencontrés sur les lieux affirment que dame Fatou Bangoura a revendu les lieux à un riche commerçant depuis des années.

Dans la foulée, un jeune aurait perdu la vie, son corps transporté à la morgue de l’hôpital Ignace-Deen.

Au moment où nous quittions les lieux, dans la matinée, des jeunes du quartier et les agents des forces de l’ordre se livraient à un échange de projectiles.

Alhassane Fofana  

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