Politique

Marchés inondés de boissons importées : Les brasseries guinéennes affectées, piquent du nez.

Un détour par le service commercial d’une grande brasserie de la place ce mardi, nous a permis de sentir un malaise enfoui mais réel qui commence à sérieusement faire frémir dans les brasseries, celui de la concurrence déloyale.
Je ne vous apprends rien en vous disant que les marchés de Conakry et de Guinée sont littéralement pris d’assaut depuis près de deux ans par des boissons importées de toute espèce.
On connait le succès des marques comme Original, Waw, pour ne citer que celles-ci, ceci n’est pas sans conséquences sur la commercialisation des marques de boissons gazeuses et non alcoolisées produites par les brasseries comme Sobragui et Bonagui.

Dans un contexte de crise économique qui frappe l’écrasante majorité des populations, les citoyens mettent plutôt en avant le facteur prix associé à celui de la quantité. Là-dessus, il n’y a pas match pour s’exprimer prosaïquement, entre ces petites marques de boissons importées de je ne sais où et celles produites sur place.
Sans se soucier du critère qualité produit, un citoyen lambda qui a une bourse rognée par cette crise, qui doit affronter une cérémonie de baptême ou de mariage, préfère plutôt aller acheter quelques cartons de jus Original ou Waw, des cartons qui peuvent contenir jusqu’à 30 boites, et à quel prix ? 60, 65 ou tout au plus 70 mille francs guinéens.
Comparés aux jus produits par Sobragui et Bonagui, d’abord ce n’est point la même qualité, ensuite, le prix ne saurait être le même, tenant compte des coûts de production. Ce n’est un secret pour personne que la plupart des unités industrielles implantées en guinée, faute d’une fourniture régulière de courant par EDG, tournent 24h sur 24 sur groupes électrogènes.
Dans le domaine des boissons alcoolisées, c’est le même constat cinglant. Comment vendre des marques de bière comme 33 export dont une boite coûterait 10 mille, Guilux 7 mille, Guiness 7 mille, Castel 10 mille, alors qu’on peut s’offrir une boite de Faxe à 5 mille francs guinéens. Allez comprendre les dégâts que cela peut causer.
Confrontées à cette dure réalité d’une concurrence parallèle à elles imposées, ne se sentant point protégées par l’Etat, les brasseries guinéennes, voient leurs recettes s’effondre littéralement. Elles craignent de subir le même sort que les Grands Moulins de Guinée, Nescafé Guinée, ou encore d’autres.
En quête d’une stratégie pour faire face à cette réalité, une brasserie de la place songe déjà à envoyer en chômage technique une partie de son personnel. Elle a déjà renvoyé tous les stagiaires. Alerte rouge !!!
Aboubakri.

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