Chroniques

Plume à Aboubacar Diallo du 04 Mars 2014.

La Guinée à l’heure de la biométrie, un recensement en suscite et en cache un autre. D’un côté, connaître le nombre des habitants et des habitations, de l’autre, séparer le bon grain de l’ivraie, ou assainir le fichier de la fonction publique guinéenne, un fichier truffé de maldonnes. Des opérations de tous les enjeux et de tous les défis.

Silence, on recense en Guinée et on se met à l’heure de la biométrie. Oui, la biométrie, c’est leur nouveau dada, c’est la chanson qui est à leurs bouches, les princes qui nous gouvernent. En tout lieu et en toute circonstance, on parle biométrie, on entend biométrie. Vous ne pouvez pas y échapper, chacun doit se mettre à la biométrie, les temps changent, les mœurs aussi, et avec, la gouvernance aussi. D’abord on nous dit, pour compter, il faut se recenser. Papa doit se recenser, Mama doit se recenser, les enfants, mémé, pépé aussi, tout y passe, même nos gratte-ciels, ah non nos 15, 20 étages, même nos pied-à-terre, même nos mansardes, même nos cabarets, débits de boisson, eh oui, même là où l’autre, vient tremper son biscuit et ses soucis en s’en jetant un derrière la cravate, eh oui, ça alors, comme c’est sérieux cette histoire de recensement général. Oui, mon cousin des montagnes, si tu as vu la pub à la télé, on dit pour compter, il faut se recenser, sinon, toi tu compteras pour du beurre, sinon on t’ignorera simplement, tu n’auras ni sécurité, ni eau, ni électricité, Kaléta c’est pour bientôt, ça au moins tu le sais, la route ne passera par chez toi, tes enfants ne pourront pas aller à l’école, de pensions ou allocations diverses, tes parents n’en bénéficieront guère. Désormais cousin, on veut planifier tout en fonction du nombre, nombre de personnes, nombre de familles, et bientôt nombre de bœufs, de chèvres, de moutons, bref de tous les petits ruminants, nul doit être ignoré par le grand bonheur, le grand développement qui s’annonce, chacune doit en jouir un peu. Même ceux qui sont sensés mettre en œuvre ce processus, c’est-à-dire, ceux qu’on appelle les fonctionnaires de l’Etat, doivent aussi se recenser, se faire recenser, eh oui, c’est là que cette histoire de recensement se corse. Désormais, il faut montrer patte blanche soi-même, désormais pour compter il faut se présenter soi-même, muni de tous les justifs, au guichet d’enregistrement biométrique s’il vous plait. Finis les petits manèges, finies les manœuvres du passé, on ne comptera plus les morts, les revenants, les doublons, les triplons, et que sais-je encore. Pendant longtemps, on a continué à perdre de l’argent, beaucoup d’argent, en continuant de les payer. Avec l’opération qui sera engagée, imaginez ce qu’on démasquera comme faux agents de l’Etat, imaginez ce que ça représentera comme magot qu’on rattrapera. Mais imaginer aussi ce que ça donne déjà comme du tournis à tous ces faux fonctionnaires, leurs parrains et ces fonctionnaires morts-revenants. Les temps changent, les mœurs aussi, la gouvernance aussi. Gare aux petits malins esprits qui pensent avoir la science infuse de la fraude, ceux qui seront démasqués devront dire Adieu à la fonction publique, je m’adresse surtout à l’establissement des parrains, Dieu seul sait que l’administration publique en pullule, tous ceux qui seront tentés de frauder, auront du mouron à se faire. Finie donc la recréation !!! Au bout de tout, le passeport biométrique, qui est n’est pour le moment qu’une illusion d’optique. Au lieu d’un lancement effectif, on a plutôt jeté de la poudre dans nos yeux, biométrie pour biométrie, tout finira par être frappé du sceau de la biométrie, même quand on y met du vernis.

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