Chroniques

Plume à Aboubacar Diallo du 12 Mars 2014.

Passes d’armes verbales on ne peut plus ragoûtantes entre deux leaders de la classe politique guinéenne, du moins de l’opposition, une escalade qui présage d’une guerre de tranchée sans merci à l’orée d’échéances électorales où nul ne veut mordre la poussière et en vue desquelles tous les coups sont permis.

Un vieux singe se reconnaît par sa faculté à faire des grimaces, à en faire chaque jour plus au point d’ulcérer ou d’amuser la galerie, c’est selon. Un vieux singe c’est aussi sa grande faculté à nager en eaux troubles, à ramer à contre-courant, à désarçonner les plus jeunes. Et quand il décide le plus sérieusement du monde pour un motif ou un autre, de titiller les plus jeunes, de leur faire perdre leur flegme et leur aplomb, croyez moi le vieux singe le fait sans commisération aucune. C’est à cela que s’apparentent depuis des semaines les agissements du dernier mochican des dinosaures du landerneau politique guinéen. Son nom a été mêlé à tous les combats menés par le peuple de Guinée pour s’affranchir de tous les jougs, hypothèques et pesanteurs, il aurait pu être le chevalier blanc de la démocratie dans son pays et rentrer grand dans l’histoire de celui-ci, mais beaucoup retiennent de lui l’image du Judas de la politique guinéenne, moi je l’appelle la girouette de Lola. Oui telle une girouette, il balance ou se laisse balancer au gré de la direction de ses pulsions et émotions politiques, mais aussi des baisers de Judas qu’il se fixe de donner. Inconstant comme la météo, lunatique à souhait, ses positionnements politiques sont aussi changeants que la peau d’un caméléon, mais rien n’y fait, l’homme restera l’ombre de lui-même, il en sera ainsi jusqu’à son dernier souffle. Après tout, on n’a jamais vu le molosse se séparer de sa façon éhontée de s’asseoir. Dans sa ligne de mire désormais, le champion de l’opposition, ami d’hier en passe de devenir l’ennemi à envoyer à la guillotine, à vouer aux gémonies. Depuis que ce dernier lui a enlevé ce qui sonnait pour lui comme son dernier baroud d’honneur, il fulmine de rage et de haine à lui voler dans les plumes, lui seul a le secret de son inspiration sataniquement féconde à caricaturer et à envoyer des tomates pourries et des flèches empoisonnées en plein dans sa figure, à le diaboliser, à le couvrir des sept péchés capitaux d’Israël. De ces péchés, il y aurait celui de l’acceptation de Waymark. Soit ! Même s’il en est ainsi, cela ne justifie aucunement la tuile tout naturellement attendue, réal politique oblige, subie par notre vieux bonze et son parti lors des dernières joutes électorales. Ce n’est point parce que Waymark fût accepté comme tel au gré d’âpres tractations que des formations en réalité des partis poids plumes sur l’échiquier politique national ont vu leurs prétentions faussement surdimensionnées, ravalées de leur suc, non je dis non. Demandez qu’il nous brandisse ses trophées de chasse depuis tout le temps qu’il aille à des élections, le palmarès est maigrichon pour ne pas dire peu fameux. Alors qu’il arrête de nous casser les tympans de vociférations, qu’il arrête de se donner en spectacle, qu’il choisisse de sortir par la voie de la sagesse, celle même que l’autre fait sienne et qui s’est toujours réservé de l’écorcher. Mais non, croyez moi, il n’empruntera pas cette voie, parce que comme à son habitude, il semble avoir levé à nouveau l’option de nager en eaux troubles comme il sait bien le faire, comme il l’a toujours fait, décidé qu’il est de vouloir brouiller les pistes profitablement à son ami en grandes difficultés, en vue de 2015. Grimaces déroutantes de vieux singes !!! Je m’en contrebalance.

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