Chroniques

Plume à Zacharie Millimouno du 13 mars 2014:Pourquoi la justice se précipite à mettre le grappin sur deux icônes de l’invasion Kouyaté ?

On aurait dit qu’elle n’existait pas, ou qu’on ne sut seulement la brandir qu’à notre encontre. On aurait soutenu, tête à couper, qu’elle n’avait pas assez de cran, pas assez de culotte pour s’attaquer aux oints de notre société. On aurait même dit que la Justice guinéenne n’était que l’anti-justice, Justice plurielle, celle de celui qui savait payer le plus.
Que n’aurions-nous pas dit de notre Justice délibérément hésitante, expressément oscillante ? Pourtant sa dernière action me laisse baba et profondément interdit avec, d’un côté l’espoir qui me semble renaître et de l’autre, un cliquetis d’interrogations sur les motivations réelles de notre Justice à mettre son grappin sur deux icones de ce que j’appelle l’invasion Kouyaté.
D’abord l’espoir, oui ! l’espoirrenaît lorsque la Guinée brisée, sucée et traitepar ses propres fils peut être restaurée. Espoir de voir émerger une Justice qui s’applique à tous, pareillement à l’orphelin et au privilégié social, à la basse et à la haute société.On dit bien que nul n’est supérieur à la loi ! Ce slogan jusque-là vide peut enfin valoir son pesant d’or si, comme c’est le cas ici, la loi peut requérir l’emprisonnement, la confiscation de biens et d’autres mesures encore à l’encontre de ceux que nos mains et nos cœurs avaient vivement salués et acclamés hier. Ça reste en soi une avancée à louer.
Pourtant, le verdict dans l’affaire dite du Projet coton n’absout pas notre Justice de tous les griefs réels que nous formulons à son encontre. Certes, c’est de Ministres qu’il s’agit, mais d’anciens Ministres qui, en dépit d’un manque d’accointances avec le pouvoir, portent toujours le label d’un homme politique fortement opposé à la gouvernance locale. Pour dire clair, il s’agit d’anciens cadres de notre administration sans paravent conséquent et qui, de ce seul fait, peuvent servir, à tout moment, de pièces à l’échiquier du pouvoir.
On peut s’étonner, non pas de leur condamnation, mais du choix de la Justice de se pencher sur un dossier les concernant, eux. La sélectivité de notre Justice apparaît au grand jour quand elle laisse irrésolues les affaires du 28 septembre ; des récentes morts liées aux manifestations publiques et politiques ; des assassinats de Boiro, de Ghussen, etc. ; des travaux publics dont le scandale, faramineux, a toute matière à vous mettre en rogne ; des milliards de Total où, là encore, certains oints bénéficient du privilège de leur sélection.
Ces Ministres, très loués à l’époque, peuvent donc aujourd’hui souffrir d’une Justice ciblée, à la nette procession de snipper. Dans ce cas, il y aurait à avoir honte que notre Justice veuille se purifier la tunique sur le dos d’hommes et de femmes qui ont servi la Nation avec entrain. Du fait de ce défaut de Justice, plusieurs frustrations ont durablement pris corps en Guinée et cela n’a de mérite que de rompre un tissu social déjà amplement affaibli.
Encore, oui ! il nous faut une seule Justice pour tous les guinéens. Une de suffisamment culottée, une de très objective, une de simplement juste.

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