Politique

Rapatriement : « Mes frères guinéens étaient à la base de mon rapatriement »

2013, c’est l’année de cauchemar pour Tidiane BAH. Après 16 ans passés aux Pays -Bas, ce jeune fier de ses dread locks reçoit, un beau matin, un coup de pied. C’est un sans-papier, il doit regagner le bled. Son rapatriement ne le vexe pas, mais la manière le fait bouillir de colère. Après les coups et blessures qu’on lui a infligés pour accepter son expulsion, BAH s’est vu attribuer un titre de voyage de 90 jours sans son consentement. Pire, à son insu. Il parle de falsification digitale. 

Et le document présente des anomalies. Qui a donc fabriqué ce titre de voyage ?

L’ambassade de la Guinée auprès des pays du Benelux ou les autorités Néerlandaises ?
La signature de Mory TOURE Secrétaire chargé des affaires consulaires est bien visible sur le titre de voyage d’Amadou Tidiane BAH datant du 28 mai 2013. Cependant 4 mois avant, l’ambassadeur Dr. Ousmane Sylla refusait de délivrer un laissez-passer à ce jeune de teint noir. Avec son accent sénégalais, BAH a été surpris de voir  dans les mains
des services d’immigration hollandais un document lui enjoignant de rentrer au bercail. 

 Pas question de « regagner ses pénates » dans ces conditions, réagit notre compatriote. Il entame une grève de la faim de 75 jours. Son engagement intéresse les médias hollandais qui veulent savoir comment les autorités de leur pays sont ils entrés en
possession  du titre de voyage de BAH alors que celui-ci n’en avait pas émis le souhait. Ce sont les taskforces qui ont fourni ce document au département de l’immigration des Pays-Bas, a affirmé le « rapatrié ». Il ajoute que c’est une bande  de  cadres de l’aéroport de Conakry et du ministère des affaires étrangères qui opèrent avec le gouvernement  hollandais. « Pour chaque titre de voyage, ils empochent 3.000 euros », a révélé
notre source. Du coup, le rapatriement devient un marché juteux.

Amsterdam est-elle complice dans ce deal brumeux ? Les médias du pays du lait en doutent fort. Certains d’entre eux ont décidé de débarquer en Guinée pour voir plus clair. Selon eux, ils ont pris contact avec le Ministre délégué aux guinéens de l’Etranger qui leur aurait dit que c’est un certain BOUMEA des services secrets guinéens qui délivre des
documents falsifiés à la Hollande.   CHIK c’est le second nom cité dans cette collaboration mafieuse. 

Tidiane BAH nous explique que pour son cas ? 

Un avion spécial a été affrété pour son rapatriement. Il poursuit qu’à l’aéroport de Conakry, on ne lui a pas demandé ses documents : « j’ai été conduit
automatiquement dans une grande clinique de la place pour des soins, à
partir de ce moment j’ai compris que le médecin qui s’occupait de moi
était aussi dans le coup. Mon arrivée était planifiée ! », nous a-t il lancé le coeur serré.
Avec son feeling d’artiste, BAH espère se relever de cette chute mais garde une dent contre les hommes tapis dans l’ombre et qui tirent les ficelles pour le rapatriement de leurs compatriotes en échange de quelques billets de banque.

L’enquête se poursuit…

Souley

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