Chroniques

Plume à Aboubacar Diallo du 24 Mars 2014.

Exit Commandant Sékou Resco Camara, désormais aux commandes de la ville de Conakry, Soriba Sorel Camara, un impénitent défenseur du régime qui en cache un autre et qui prétend se démarquer de son prédécesseur. Un prédécesseur sur les brisées duquel il risque bien de marcher.

 

Un Camara s’en va, en voilà un autre, à la différence que l’un est militaire au propre comme au figuré, l’autre administrateur civil doublé d’un redoutable animal politique. Militaire dans l’âme et dans la vie de tous les jours, Sékou Resco Camara, c’était la manière forte de bout à bout. Au point que finalement, ce que retiennent de lui ceux qu’il gouvernait depuis plus de quatre ans, c’est la force des biceps, ses sorties musclées, son discours martial, ses déclarations va-t’en guerre, et le recours à la force comme moyen de rétablir un ordre public dont il était le garant dans la sphère de Conakry. Sékou Resco Camara, c’était l’épouvantail et le cauchemar d’une certaine classe politique, son refus obstiné de délivrer un blanc-seing à celle-ci de prendre d’assaut l’autoroute Fidel Castro Rouge, restera à jamais en travers de sa gorge. Croyez moi, cette classe politique loin de bouder son plaisir, se sent plutôt poussée des ailes aujourd’hui de le voir enfin sacrifié par le professeur des élèves, elle qui a toujours réclamé sa tête. Sékou Resco Camara, c’était donc le bras séculier du pouvoir dans une zone de turbulences à répétition, de cette posture, il était le dernier rempart contre lequel s’échouaient régulièrement de manœuvres aux mobiles parfois obscurs. Sans régenter les libertés publiques, il était prompt à éteindre le moindre feu qui s’allumait parfois de manière abrupte. Son implication présumée dans le massacre de jeunes manifestants en octobre 2010, est un boulet qu’il traine et qui lui attire l’inimitié des organisations de défense des droits de l’homme, lesquelles réclament sa tête auprès de Dame Thémis. Sékou Resco Camara, c’était en dépit de tout un soldat de la paix et de la réconciliation nationale, l’homme quoi qu’on dise, était toujours au front pour éviter la casse. Son bilan dans les fonctions essentielles dévolues à un gouverneur, est peu fameux, ses initiatives et efforts pour plus de sécurité et un environnement sain pour les populations dont il avait la charge, ont été annihilés par la quadrature de cercle à laquelle semble ressembler les deux équations sous le soleil d’Alpha Condé. Sékou Resco Camara, c’était enfin, ce bon samaritain à la générosité proverbiale en tout cas pour une frange bien particulière de femmes, en l’occurrence, les femmes balayeuses, lesquelles ont accueilli la nouvelle de son départ avec appréhension et pleurs, mais Sékou Resco Camara, ça restera toujours un homme à la poigne, qui continuera de servir la nation partout où elle l’enverra. Du nouvel entrant, on est tenté d’être comme Coué, attendre de voir avant de croire. Soriba Sorel Camara, fait son comme back et promet de changer la gouvernance à la tête de la ville de Conakry, ne jurons de rien, c’est au pied du mur qu’on juge le bon maçon, au bout de la piste, on saura le juger à l’aune de son propre bilan. De Soriba Sorel Camara, le moins qu’on puisse dire, est qu’à la différence de Sékou Resco, il n’est pas militaire, mais plutôt politique dans l’âme, un habitué des grenouillages politiques, ses armes, son bizutage, il l’a subi dans le grand moule du PUP, à l’ombre du baobab tutélaire, feu Général Conté. Transfuge de l’UDG de Sylla Patronat, avec qui il s’est quitté récemment avec fracas, celui-ci le soupçonnant à tort ou à raison de nager en eaux troubles du parti au pouvoir, Soriba Sorel est un fin limier politique, son arrivée à la tête de la ville de Conakry tient de tout sauf du hasard, mais des mobiles qui sous-tendent sa nomination à ce poste, on n’en a cure, ce qui vaut à nos yeux, ce sont les innombrables défis auxquels il devra s’attaquer sans tarder, sans barguigner.

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