Politique

Crises diverses et manifs à Conakry : Ces populations qui fuient la chienlit

A Conakry, à mesure que perdure la crise politique dans laquelle le pays est englué depuis des années, et alors que l’horizon politique semble loin d’être dégagé, à contrario, nombreuses sont des familles qui tentent de fuir la chienlit qui règne dans certains quartiers, notamment ceux situés tout au long de l’axe Hamdallaye-Bambéto-Cosa-Enco5.

Le phénomène s’observe depuis de longs mois, mais il risque de s’amplifier les jours et semaines à venir.

En effet, depuis la sortie musclée du principal opposant au pouvoir en place, récemment à Washington, nombreux sont ceux qui habitent ces quartiers qui songent à quitter, d’autres le font déjà et ne veulent plus perdre de temps.

Face au climat d’insécurité qui règne depuis des années le long des quartiers de la route le Prince, dû à un cycle infernal de manifestations politiques ou à caractère social, Ces ‘’déplacés internes’’ de la capitale guinéenne comme on les appelle, affirment être obligés, dans la plupart des cas, malgré eux, pour y avoir développer des attaches fortes après plusieurs années de vie dans lesdits quartiers-de quitter, parce que n’en pouvant plus.
N’en pouvant plus de vivre dans une peur permanente, de vivre au rythme des manifs à n’en pas finir avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer : routes barricadées, circulation bloquée, paralysée, quartiers coupés du reste de Conakry, violences physiques et verbales, impossibilité de sortir de chez soi, pour les femmes d’aller au marché, pour les enfants d’aller à l’école, climat de suspicion et de haine larvée entre les ethnies cohabitant ces quartiers…sans parler des pertes et dommages qu’on peut y subir selon que les affrontements entre jeunes de ces quartiers et forces de l’ordre, tournent mal ou au vinaigre.

Pour toutes ces raisons, quantité de familles ont préféré partir de cette zone de feu, pour des quartiers moins tumultueux. Il est même de ces chefs de familles qui ont dû carrément vendre leurs maisons pour aller acquérir des parcelles au loin, ou simplement prendre des habitations en location ailleurs, histoire d’épargner à leurs familles, les affres de la violence.

Notre rédaction a rencontré une famille ce jeudi à Bambeto, au moment où elle était sur le départ. Le chef de famille nous a confié : « je quitte ma propre maison pour aller en location dans un autre quartier, dans un quartier plus calme, plus sûr. Quand je pense au fait que je dois quitter ma propre maison, déscolariser mes enfants des écoles où ils étaient inscrits et tout ce qui s’en suit, c’est déplorable. Mais que voulez-vous, rien ne vaut la paix… ».

Plus loin, il indique « Ici, on a toujours vécu depuis près de quatre ans au rythme des manifestations. Et croyez-moi, dès qu’une manifestation commence, nous nous sommes visés à cause de notre ethnie ou de notre appartenance politique, je crois que cela est assez dommageable pour l’unité et la concorde nationale. Je n’ai pas d’autre choix que de partir… »

Partir, partir loin…pour échapper à la violence, pour se mettre à l’abri, ce n’est pas un luxe, mais une question de vie ou de mort. En tout cas ce n’est pas l’horizon politique qui rassure, il s’est assombri de gros nuages…

Moussa Tata Kourou Diawara
622 47 70 08
e-mail : tatakourou@gmail.com

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Crises diverses et manifs à Conakry : Ces populations qui fuient la chienlit

A Conakry, à mesure que perdure la crise politique dans laquelle le pays est englué depuis des années, et alors que l’horizon politique semble loin d’être dégagé, à contrario, nombreuses sont des familles qui tentent de fuir la chienlit qui règne dans certains quartiers, notamment ceux situés tout au long de l’axe Hamdallaye-Bambéto-Cosa-Enco5.

Le phénomène s’observe depuis de longs mois, mais il risque de s’amplifier les jours et semaines à venir.

(suite…)

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