Politique

Plume à Aboubacar Diallo du 1er Septembre 2014 (Plume Rentrée nouvelle saison)

Le philosophe a dit que l’homme est un pion sur le damier du temps. Les événements aussi. Depuis deux mois, trêve de confiseurs oblige, quel flot d’événements qui ont supplicié un peuple, un peuple croulant sous le poids de la pauvreté et d’une malédiction ayant pour nom, l’épidémie Ebola. Comme si cela ne suffisait pas, il s’est vu ôter 33 âmes innocentes.

 

Oui depuis deux mois, j’ai rengainé ma plume, j’ai rengainé ma plume miroir d’une Guinée des convulsions socio-politiques à tire-larigot, d’une Guinée malade de son administration abâtardie, d’une Guinée malade de son élite sclérosée, de sa classe politique dévoyée et qui a fini de se déliter dans le soap public, oui depuis deux mois, je l’ai rengainée, non pas pour qu’elle aille flemmarder dans les oseilles ou se laisser aller au farniente, mais pour qu’elle recharge les accus pourvu qu’elle continue d’être plus tranchante, plus incisive, plus acérée, histoire de crever plus d’abcès. Peuple de Guinée, damné de la terre, peuple martyr d’une Guinée, refuge de toutes les insolences dont Dame nature est à même de pourvoir un pays, mais qui continue de trainer la savate, de vivre chichement et sordidement, peuple de Guinée, malgré qui tu sois depuis plus de huit mois, écrasé, étouffé, étranglé par une malédiction tombée sur ta tête comme un astéroïde, malgré que tu sois pariarisé, pestiféré, et isolé presque par tous, en tête de ponts, tes voisins sur qui tu ne peux désormais plus compter dans l’adversité, vaillant peuple du 28 septembre, le temps de deux petits mois, je t’ai vu boire jusqu’à la lie le calice de l’irresponsabilité et de l’inconscience de tes dirigeants. Abomination de la désolation, dans le ressac des événements qui ont marqué au fer rouge ton existence et qui me fendent à jamais le cœur, je veux m’arrêter sur Rogbanegate ! Oui Rogbanegate, parce que c’est un devoir de mémoire pour les 33 âmes innocentes hachurées, ébréchées, ôtées à notre affection et au devenir de notre pays, ensevelies à jamais dans la gadoue de la déliquescence continue de nos institutions, enfouies à jamais dans l’abîme de l’impéritie de ceux qui prétendent nous gouverner, et de la capitulation infamante de leurs géniteurs. Qu’on-t-elles fait ces âmes angéliques qui commençaient à peine à croquer la vie à pleines dents, qui ne demandaient pas tant ni la lune ni d’être choyées outre mesure, que la protection de leur mère patrie, qu’ont-elles fait pour mériter un tel sort, qu’ont-elles fait pour se faire prendre dans le grand traquenard de notre irresponsabilité collective à tous ce 29 juillet noir, fixé à jamais en lettres de sang dans notre subconscient, creuset de nos ignominies ? J’ai encore le cœur contusionné par le haut-le cœur et la répulsion dont tout mon être a été saisi le jour et suivants de cette tragédie, face au monticule de l’arme de crocodile et de commisération facticement et hypocritement versé et manifesté à la fois par ceux qui prétendent nous gouverner alors qu’ils n’en ni l’air ni la chanson, et ceux qui prétendent être les géniteurs de ces âmes à nous arrachées de manière abrupte, alors qu’ils n’en aucune dignité. Mais plus que tout, par-dessus marché de toutes ces flétrissures d’une société en décomposition, d’un Etat brinquebalant où en réalité tout a toujours fonctionné sens dessus dessous, comble de toutes les horreurs, j’en parle encore avec autant de mal comme si c’était hier, ce sont les tentatives honteuses, ridicules et méprisables de deux minables autorités de notre sordide de capitale, de se disculper, de refiler le bébé avec l’eau de bain, de faire porter le chapeau aux autres, et même de mettre sous éteignoir leurs bassesses ayant conduit à ce qui arriva. Honte à elles ces misérables autorités, je veux nommer, l’impénitent bonimenteur président de la délégation spéciale de Ratoma, mon œil, et l’increvable zélé gouverneur de la ville de Conakry, incarnation de la démagogie des temps révolus, tant qu’ils ne finiront pas en geôle, ma colère, notre colère ne s’amenuiseront point d’un iota, c’est de cette manière, de cette seule manière qu’on étanchera que dis-je qu’on tentera d’étancher notre soif inextinguible de justice et par la même occasion, envoyer enfin, pour une fois, un signal de holà à tous ceux qui prétendent nous gouverner, mais pas en s’en prenant au menu fretin, à la responsabilité très improbable !

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