Politique

Affaire 20 millions de dollars Us à l’aéroport de Dakar : Ces zones d’ombres qui persistent

C’est une affaire bien embarrassante pour les autorités guinéennes, un scandale dont elles se seraient bien passées par les temps qui courent alors que le pays est durement éprouvé par l’épidémie d’Ebola.
Il s’agit de l’interception, il y a environ dix jours, par les services de douane du Sénégal d’une importante cargaison de devises en provenance de Conakry et en partance dit-on pour Dubaï. Le colis qui a éveillé bien de soupçons chez les gabelous du pays de la Téranga, transitant, aurait été transporté par l’opérateur MSS, commis à cette tâche dit-on par la banque centrale de Guinée.

« Le quotidien », le journal sénégalais qui a été à l’origine de cette révélation, avait pour sa part, très tôt d’opération douteuse tout en attribuant ces fonds au chef de l’Etat guinéen, Pr Alpha Condé. Depuis, c’est le sujet qui défraie la chronique, et qui alimente la polémique en Guinée.
Pour tenter de dissiper tout malentendu, le Gouverneur de la BCRG, Loucény Nabé, en personne, s’est vu obligé de s’expliquer devant la presse nationale, histoire de rassurer sur la régularité de l’opération qu’il a qualifiée de classique dans les transferts de fonds interbancaires.
Le moins qu’on puisse dire est que cette sortie médiatique du premier responsable de la mère des banques en Guinée, n’a pas convaincu au-delà des militants et responsables du RPG-Arc-en-ciel, le parti au pouvoir. La preuve, la polémique, au lieu de retomber suite à l’intervention du gouverneur Nabé, s’en est plutôt enflée.
A l’analyse, beaucoup de zones d’ombres sont restées sans réponses, au point que l’opposition se soit saisie du dossier, et d’exiger une enquête parlementaire pour les illuminer. Des voix se sont même élevées en son sein pour parler de criminalité financière de grande ampleur.
Quelques questions pour s’en faire une idée :
-La BCRG ne dit pas la source ou la provenance de tout ce magot, est-ce issu d’une quelconque transaction minière, ou s’il est le résultat des bons chiffres de la banque. Des experts dans la tête desquels bouillonnent des interrogations, parlent plutôt d’un « compte en attente », qui échappe à toute déclaration et donc à tout circuit normatif. Raison pour laquelle, jusqu’à ce jour, les institutions de Breton Woods ne sont prononcées autour de ce fonds qui n’entre pas dans le cadre de leurs programmes respectifs avec la Guinée.
-Au moment où toutes les transactions de cet acabit, sont totalement dématérialisées, monnaie scripturale aidant, pourquoi avoir choisi un tel mode opératoire ? Pourquoi transporter autant d’argent de cette façon, en ignorant d’autres voies plus huilées, les transferts par virements bancaires ?
-L’opérateur transporteur MSS est-il une compagnie agrée, reconnue à l’échelle internationale ? Puisque, en la matière, il n’existe pas d’ambiguïté, les compagnies évoluant dans ce domaine, sont des marques déposées.
-Pourquoi y avait-il une différence entre l’encaisse de la cargaison et ce qui était officiellement déclaré ? Entre 10 millions de dollars Us sur papier et 20 millions de dollars US dans la cargaison, il y a un fossé qu’on ne peut pas franchir allègrement.
Si les autorités sénégalaises étaient informées comme le prétendent les responsables de la BCRG, pourquoi l’étonnement des gabelous et de leurs hiérarchies à la découverte du contenu de la cargaison ? Pourquoi la BCRG a dit dans son communiqué qu’elle s’étonnait elle aussi de l’attitude des autorités sénégalaises, au point de les inviter, en pareilles circonstances, à référer à la BCEAO ?
-Oui on nous dit que MSS devait convoyer la cargaison jusqu’aux pieds d’Emirates qui a suspendu ses rotations sur Conakry, mais pourquoi vouloir transporter toute cette cargaison de devises jusqu’à Dubaï alors qu’il existe une agence de City Bank à Dakar? Et pourquoi Dubaï, qui est en réalité un paradis fiscal ?
-S’il est que le colis est parvenu au correspondant de la BCRG à Dubaï, la BCRG est-elle à mesure de brandir un accusé de réception ? Qu’elle est censée recevoir, selon une règle bien connue en la matière des banquiers, dans les 48 heures ?
La polémique continue…
Aboubakri

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