Interview

Grande Interview : «Ebola, c’est un terrorisme bactériologique contre la Guinée » Ahmed Sékou Traoré

Nous avons tendu notre micro à Ahmed Sékou Traoré, l’un des vice-maires de la commune de Ratoma, porte-parole du forum des jeunes leaders de Guinée et membre du bureau politique du RPG arc-en-ciel. Avec lui, nous avons débattu de fond en comble de la question de l’épidémie du virus Ebola qui frappe la Guinée, lisez…. 

Mosaiqueguinee.com : Notre pays est menacé par l’épidémie de fièvre Ebola, quel regard avez-vous de cette situation qui stigmatise la Guinée ? 

 

Ahmed Sékou Traoré : Je voudrais exprimer mon total désenchantement face à cette situation triste que nous n’avons jamais souhaitée. Nous vivons un moment très difficile et cette situation est arrivée au moment où il y avait une dynamique de faire avancer le pays grâce à la clairvoyance du chef de l’Etat. Nous sommes victimes d’une invasion bactériologique orchestrée par certaines grandes puissances industrielles du monde. Parce que, nous n’avons pas une rivière à l’image des autres qui ont fait naître cette maladie dans notre pays. Grâce aux scientifiques, nous avons été informés au même moment que les autres que la Guinée est victime de cette attaque bactériologique. On ne peut pas comprendre que cette maladie qui est apparue au Congo se retrouve en Guinée. Comment elle y a atterri, personne ne le sait et plus grave encore, on dit que l’Ebola guinéen est plus meurtrier que l’Ebola du Congo. On cherche à nous enfoncer, mais Dieu existe pour tout le monde. Nous allons nous battre, pas à travers des prières, mais, utiliser les méthodes les plus scientifiques devant nous permettre de combattre cette épidémie dans notre pays. 

Vous parlez d’invasion bactériologique, à quoi faites-vous allusion ? 

Nous sommes en train de chercher la source de cette maladie en Guinée. Ça a été imaginaire de dire tantôt que c’est des animaux, tantôt c’est des coqs, sans aucune précision. C’est juste une manière de bloquer les grands projets du pays. Nous n’allons pas laisser la lutte pour rechercher la source de cette maladie actuellement, mais ce qui reste claire, nous ferons en sorte que nous retrouvions cette vérité pour que ça soit dit au moment venu. 

Certains pays ont fermé leurs frontières à la Guinée, comment voyez vous cela ? 

La fermeture des frontières par certains pays voisins, une autre chose que nous n’avons jamais souhaitée. Connaissant d’ailleurs l’hospitalité de la Guinée au moment des crises en Afrique de l’Ouest, il est injuste de fermer ses frontières à notre pays qui est victime. Le président Ahmed Sékou Touré disait que la Guinée préfère être le dernier pays d’une Afrique unie qu’être le premier pays d’une Afrique désunie. C’est dommage que certains pays nous ferment leurs frontières au moment où nous sommes victimes de ce que nous n’avons jamais souhaité. 

Qu’en pensez-vous de la communication sur cette épidémie ? 

Nous avons été victime d’une médiatisation à outrance. Il y a eu une très mauvaise communication de certaines institutions, même onusiennes que nous considérons comme une sorte de complot contre la Guinée. Je suis déçu, c’est une manière de fermer notre pays. Aujourd’hui grâce au Maroc et certains pays et personnalités étrangers que le la Guinée n’est pas fermée totalement. Nous remercions sincèrement le royaume chérifien ainsi que certaines institutions pour le soutien qu’ils ne cessent d’apporter à notre pays pour éradiquer cette maladie. 

Nombreux sont les citoyens qui estiment que le gouvernement est à l’origine de la propagation à grande échelle de l’épidémie. Parce qu’au départ, il n’a pas voulu déclarer à temps l’épidémie à cause de la visite du Roi Mohamed VI dans notre pays, votre commentaire ? 

C’est mensonger, nous avons réussi à circonscrire la maladie au départ. Mais le jeu est trop fort. On ne peut pas imaginer qu’après avoir lutté de façon farouche et efficace que l’épidémie se retrouve ailleurs pour faire un came back en Guinée. Il a fallu que l’épidémie aille dans un autre pays pour faire un rebond en Guinée et c’est ce que les gens ne comprennent pas. 

Qu’est ce que vous appelez jeu ? 

Quand nous l’appelons jeu, nous sommes obligé de le comprendre ainsi. Il faut reconnaître que nous avons consenti énormément de sacrifice pour circonscrire cette maladie, elle se retrouve ailleurs, aggravée pour faire un rebond en Guinée. Et ça, c’est une grande interrogation. 

Entre le 29 Août et le 4 septembre, c’est-à-dire,  une semaine, le virus Ebola a tué 74 guinéens, malgré les efforts du gouvernement et des partenaires. Quelle perception avez-vous de ce combat contre Ebola ? 

Ce qui se dit par rapport au nombre de morts et ce qui existe ne sont pas parfois conformes. Certaines personnes meurent d’autres maladies et on les met au compte d’Ebola, cela va dans le sens de stigmatiser notre pays. Parce que, ce battage médiatique à outrance n’est pas en faveur de la Guinée. Il est question aujourd’hui de savoir comment allons nous faire pour réussir contre cette animosité orchestrée cotre notre pays en début d’une émergence. C’est une situation qui est en train de phagocyter l’avenir de notre jeunesse. 

Quel est selon vous l’impact de cette épidémie sur le développement de la Guinée ? 

Nous dénonçons un complot bactériologique contre la Guinée. Parce que c’est au moment où il y a eu le grand projet de Rio Tinto qui d’ailleurs a été apprécié par le monde entier que notre pays est fermé au reste du monde. Au moment où notre pays était en véritable décollage économique, l’Ebola est venu nous mettre en isolement. La jeunesse avait de l’espoir avec ce projet et les ressources minières allaient être bien exploitées dans quelques mois. Imaginez-vous combien de jeunes guinéens pourraient travailler dans ces projets miniers et hôteliers ? C’est pourquoi je dis que c’est un terrorisme bactériologique contre notre pays et nous devons tous nous lever pour mener une campagne réussie contre cette maladie. Nous encourageons les efforts du chef de l’Etat surtout avec la création récemment d’une coordination de lutte contre Ebola. Cela prouve à suffisance le dynamisme des autorités guinéennes dans ce combat, surtout que la Guinée est le porte parole des 3 pays, notamment le Liberia, la Sierra Léone et la Guinée pour cette lutte. 

Vous savez sans doute qu’il y a un jeune guinéen touché par Ebola au Sénégal. Ce jeune est stigmatisé dans ce pays et a même été menacé de se faire traîner en justice la semaine dernière par le chef de l’Etat sénégalais. Qu’est ce que cela vous inspire ? 

Voilà une façon de salir notre pays, une façon de ternir l’image de notre nation. C’est dommage. Cela doit être une interpellation à toute la conscience guinéenne à savoir que nous avons besoin d’être en conformité avec nous-mêmes. Nous devons rendre fort notre Etat, car la force ou la faiblesse d’un Etat dépend de la dynamique d’actions de son peuple. Cela doit amener chaque guinéen à réfléchir et à agir dans l’intérêt de la nation et du peuple.

 Votre appel à l’endroit des guinéens dans la lutte commune contre Ebola ? 

La Guinée a toujours réussi dans l’unité à lutter contre toute sorte de guerre civile, de terrorisme imaginaire. Nous avons toujours réussi la main dans la main à contrer ces genres de choses. Nous subissons aujourd’hui, mais ce n’est pas une fatalité. J’en appelle à la vaillante jeunesse du pays à une dynamique d’actions de dire non à Ebola. Nous appelons à toutes les forces vives sans discrimination et sans esprit partisan de se mettre ensemble pour lutter contre cette attaque bactériologique. Car réussir cette lutte, c’est réussir dans l’intérêt de notre peuple, de la nation toute entière. 

Mamadou Oury Bah 

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