Politique

Indépendant/Le Démocrate : Le mal-vivre des journalistes grévistes, étalé face à la presse

L’affaire fait grand bruit dans le microcosme médiatique guinéen. Face à un traitement à la limite du Spartiate, la vingtaine de journalistes, pigistes et stagiaires, dénonçant le fait que leurs noms aient été supprimés des Ours des deux journaux, sans aucun motif, ne mâche pas ses mots.
Face aux autres confrères, à travers une déclaration, ils n’ont rien laissé au hasard. Voici cette déclaration :

 

« Le 12 mai 2014, après avoir constaté avec regret, le retard inexplicable des salaires et l’accumulation injustifiable des piges, des journalistes titulaires et pigistes (une vingtaine) du groupe de presse L’Indépendant/Le Démocrate se sont vus dans l’obligation d’arrêter provisoirement le travail. Une démarche à laquelle le Directeur des publications avait librement adhéré.
Dans un mémorandum en date du 7 juin 2014, nous avons cru devoir écrire à la Direction du groupe de presse L’Indépendant-Le Démocrate pour rappeler nos difficiles conditions de vie et de travail.
Tout en réitérant sincèrement notre engagement à continuer à travailler au sein dudit groupe, nous, journalistes et pigistes, avons respectueusement invité nos chefs hiérarchiques à  examiner avec bienveillance les points ci-après :
1-Payement des salaires et piges le 5 de chaque mois
2-Un échéancier pour le payement de tous les arriérés de salaire (y compris ceux qui ont quitté le groupe)
3-Délivrance d’une attestation de stage après trois mois
4-Dotation  de la rédaction en matériels de travail (ordinateurs en nombre suffisant, connexion internet, clés USB, enregistreurs numériques, appareils photo)
5-Tenue régulière des conseils de rédaction
6-Augmentation des frais de transport des journalistes
8-Augmentation des salaires et des piges
9-Responsabilisation effective du Directeur des publications et des rédacteurs en chef
10-Signature d’un contrat de travail entre l’employeur et les employés.
Mais, malheureusement, en lieu et place d’une réponse satisfaisante à notre mémo, nous avons constaté que nos noms ont été supprimés de l’ours des deux journaux, avec toutes les conséquences que cela comporte.
Nous nous sommes par la suite tournés vers l’Inspection Générale du Travail, espérant trouver là la solution à nos problèmes. A trois reprises, le Directeur des publications du groupe n’a pas daigné répondre à la convocation de ce service compétent de l’Etat.
Ce qui, par conséquent, a amené l’Inspection générale du travail à transférer le dossier au Tribunal du travail de Mafanco. C’est ainsi que le président dudit Tribunal a convoqué M. Mamadou Dian Baldé le directeur des publications pour les faits suivants :
1-Non-paiement d’arriérés de salaire (allant de 6 mois à trois ans) dont la situation se présente comme suit:
– Pour les titulaires ou membres du comité de rédaction, six mois de salaire (avril à maintenant) ;
-Pour les stagiaires, leur pige allant de janvier à juin 2014 ;
-Pour les secrétaires, (Mme Condé Hadja Marie Anne Diawara à L’Indépendant depuis 1995, Mme Fatoumata Sylla,  Madina Diallo), six mois de salaire  (avril- septembre 2013) ;
Pour d’autres, en l’occurrence Moise Sidibé, salaire de septembre 2009 à octobre 2012, et Oumoul Khairy Chérif, de novembre 2009 à 2013
2- Licenciement abusif (les noms des titulaires et des stagiaires grévistes ont été supprimés sans explication de l’ours des deux journaux) ;
3-Diffamation (M. Aboubacar Sylla, a déclaré, sans aucune preuve, à certains confrères que les journalistes grévistes que nous sommes sont manipulés par ses adversaires politiques).
Pour toutes ces raisons, nous avons jugé utile de tenir l’opinion au courant des conditions dans lesquelles nous avons vécu pendant toutes ces années. »
Conakry, le 11 septembre 2014
Le Collectif des Journalistes
Yamba Yamba

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