Politique

Blocs bauxitiques de Boffa : Huafei Group pourrait rafler la mise

Le suspense dans la bataille que se livrent depuis des mois les sociétés Maison Kebo et Huafei Group, pour récupérer trois blocs de bauxite, situés dans la préfecture de Boffa (Boffa-nord, Boffa-sud, Santou-Houda), abandonnés par BHP Billiton en 2012, pourrait prendre fin dans les jours ou semaines à venir.
Le gouvernement guinéen, à travers le ministère des mines, ne devrait tarder à se prononcer, histoire de clore l’appel d’offres qu’il a lancé à l’effet de rétrocéder ces blocs précédemment détenus par BHP Billiton.

En tout cas, à l’allure où vont les choses, il se murmure qu’une décision du ministre Kerfala Yansané, ne devrait tarder dans ce dossier.
Selon moult observateurs, contrairement à ce qui a été annoncé par certains sites de la place, ces trois blocs n’ont pas été attribués définitivement à Maison Kebo. A contrario ! C’est même cette société, il faut le rappeler, qui est arrivée, au terme de l’analyse des offres financières et techniques, première, qui est en voie de perdre un marché qu’elle n’avait que provisoirement acquis.
Ça peut paraître paradoxal, c’est pourtant le cas. D’abord rappelons d’un mot les offres financières de l’une et l’autre partie : Maison Kebo, c’était trop beau pour être vrai, s’était engagée à verser au compte du trésor public 1 milliard 600 millions de dollars, comme ticket d’entrée, pour reprendre les trois blocs en question, là où Huafei Group se proposait de payer 700 millions de dollars, contre 600 millions de dollars auxquels le gouvernement tenait à rétrocéder ces mines, au titre du ticket d’entrée. Qui est fou pour ne pas prendre 1 milliard 600 millions de dollars, en ces périodes de vaches maigres ?
Par ailleurs, pour renfort de potage, à la différence de Huafei Group, qui s’est montré assez prudent en termes d’annonces mirobolantes, Maison Kebo va promettre monts et merveilles : 16 milliards de dollars d’investissement, pas loin du budget d’investissement de Simandou Sud, sans oublier la construction d’une cité, de trois centrales thermiques et de trois raffineries…
Pourquoi Maison Kebo va perdre… ?
Quelques raisons : Primo, Maison Kebo risque de payer pour le fait que le montage et du projet et de l’actionnariat, semble avoir été fait à l’as de pique. On apprend que c’est sur la base du RCCM de Kebo Energy, que Maison Kebo a soumissionné à l’appel d’offres. Si cela s’avérait, ça voudrait dire que ce n’est donc pas une société en tant que telle que Maison Kebo a soumissionné. Ce qui l’élimine de facto, sur un plan purement juridique.
Quid de l’actionnariat ? Maison Kebo, c’est des guinéens et des partenaires chinois, mais quels guinéens, essentiellement des caciques du parti au pouvoir, le RPG-Arc-en-ciel. Il s’agit entre autres de Madiou Barry, connu sous le nom de Barry Angola, homme d’affaires, grand soutien d’Alpha Condé, de Saloum Cissé, député et l’un des vice-présidents de l’assemblée nationale, secrétaire général du RPG-Arc-en-ciel, de Moussa Condé Tata Vieux, ministre du tourisme et de l’hôtellerie, également du RPG-Arc-en-ciel, etc. Avec une telle composition, les observateurs ont vite crié au favoritisme et à des pratiques de corruption, les mêmes choses que le régime d’Alpha Condé reproche à la compagnie BSGR.
Deuxio : les atermoiements de Barry Angola et ses partenaires qui auraient d’ailleurs abandonné le projet. Au terme de négociations dans la capitale française, la société Maison Kebo, aurait été incapable d’afficher son unité et de payer le ticket d’entrée d’un milliard six cent millions de dollars comme elle l’avait promis. Au lieu de cela, elle a proposé de verser 5% du montant, ensuite 5 autres pour cent, lors que le projet de convention sera signé et adopté par l’assemblée nationale. Ce n’est pas ce qui était attendu d’elle.
Maison Kebo avait jusqu’au 02 Septembre dernier, pour donner suite à ses engagements, parlant de ticket d’entrée, elle n’y a pas pu. Barry Angola aurait écrit une fois au gouvernement pour qu’on lui accorde une rallonge de délai, ce qui fut fait, ce délai a aussi expiré. Et maintenant, il aurait écrit à nouveau pour demander qu’un délai supplémentaire lui soit accordé, afin qu’il puisse réunir de nouveaux partenaires…ça commencer à le faire, ça commence à valser sérieusement, et les doutes qui s’accumulent…
Le gouvernement ne peut plus attendre longtemps, il devrait faire appel incessamment à Huafei Group pour venir négocier.
A suivre !
Aboubakri

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