A nouveau, il rate le coche. Pourtant, comme jamais, il avait une occasion rêvée d’impulser l’élan d’apaisement et de réconciliation, amorcé depuis son second mandat. Rien n’en a été. A contrario ! Par l’absence de la moindre autorité au rendez-vous de Fatako, le rendez-vous de la foi, au-delà de tout, il dédaigne toute une région et l’éloigne plus de lui.
Fort malheureusement, c’est le cas de le dire, sa gouvernance tour de Babel, n’en fait plus que multiplier les Pas de Clerc, n’en fait plus qu’accumuler les inintelligences. Les stupidités pour ne pas les nommer. Comme étant prise de panique. Comme étant prise, on ne sait, dans quel tourbillon! Excusez de peu que je ne vous en cite pas tout le tombereau, mais l’avant-dernière, et la dernière bourde, tout de même. Par un acte dont on sait qu’il pouvait bien se passer, connaissant l’homme, le Général Mathurin Bangoura, happé à son tour par le système et qui a raté ainsi une occasion en or d’entrer dans l’histoire, semble avoir galvaudé en si peu de temps tout le capital de crédit que l’opinion lui concédait jusqu’ici. Aussi incroyable, aussi bizarroïde que cela puisse paraître, c’est lui, qui, de toute évidence, instruit par notre grand timonier, a ordonné aux services de sécurité, d’agir pour empêcher une marche pacifique de femmes de l’opposition, qui visait à dénoncer l’impunité et l’injustice et qui ne devait s’étendre que sur un bout de terre de 200 à 300 mètres, environ. Se rendant ainsi coupable de graves violations de libertés publiques, consacrées par la charte des nations unies et la constitution guinéenne, offrant ainsi aux autres et à tous ceux qui sont épris de paix et de justice, et à tous ceux qui sont respectueux des libertés publiques, des verges pour faire châtier tout un régime qui se couvre de honte, chaque jour qui passe. Pour en revenir à Fatako, il est à peine croyable ce qui s’est passé. Que le chef de l’Etat en personne, sous le haut patronage duquel, l’inauguration de la plus grande maison de Dieu, jamais construite en Guinée, qui plus est par un fils du terroir au patriotisme rarissime, était placée, ne vienne pas à Fatako, avec toutes les excuses possibles qu’on pouvait inventer, agenda personnel ou autre, on peut comprendre, dans une certaine limite, mais qu’il ne soit permis, que dis-je, qu’il soit interdit à toute autre autorité jusqu’au sous-préfet, de venir à Fatako à cette inauguration, je dis que c’est le comble de l’inintelligence politique, le comble peut-être aussi du mépris et du dédain pour toute une région et pour sa pratique religieuse, connue pour son attachement à la limite paternaliste à la croyance en Dieu. Le Fouta théocratique et ses Diwé, en sont l’illustration historique. Plus grave encore, le fait que l’Etat en vienne à pousser aussi loin les crampons de l’inintelligence au point de faillir à un devoir qui relevait de l’ordre du régalien, l’absence du moindre agent des services de sécurité à Fatako où avaient convergé plus de quinze mille fidèles venus des quatre coins de Guinée et d’Afrique, est bigrement révoltant et traduit le sabordage pour lequel il avait systématiquement opté. Mais il n’y a point à s’en étonner. Pour qui connait l’homme, toujours en proie à de petits calculs politiques, et décidément peu enclin à la moindre vraie initiative d’apaisement et de réconciliation. Oui, parce qu’El Hadj Cellou Dalein Diallo, venait à cette inauguration, en toute humilité, invité par les organisateurs, oubliant qu’il y venait, en tant que citoyen, en tant que fidèle musulman, en tant que descendant de la plus grande famille maraboutique du Fouta, mais ça, il faut le savoir, non parce que c’est l’ennemi politique juré non l’adversaire politique qui y venait, et dont il ne faut absolument jamais croiser le chemin comme s’il était la peste, lui et tout le bataclan de pitoyables et chiffes d’obligés de ministres, de gouverneur, de préfets, de sous-préfets, jusqu’aux enseignants, se sont couverts de honte, en refusant de se rendre à Fatako, terre bénie qui a vu naître un certain El Hadj Ousmane Baldé ‘’ Sans loi’’, qui, trente ans durant, a élevé cette grande maison de Dieu, pierre après pierre. Dieu en soit loué ! Face à un acte aussi petit, aussi répugnant, on ne peut avoir que de la répulsion !