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Barack Obama promet de ne pas disparaître

Lors de sa dernière conférence de presse, le 44e président des États-Unis a affirmé qu’il s’exprimerait si les « valeurs fondamentales » de l’Amérique étaient en jeu.

Avant de quitter la Maison-Blanche, vendredi 20 janvier, marquant la fin de deux mandats démocrates, c’est un Barack Obama serein qui a fait ses adieux à la presse mercredi. Alors que l’arrivée de Donald Trump au pouvoir provoque un vaste sentiment d’incertitude dans le monde entier, le 44e président des États-Unis a assuré qu’il pourrait s’exprimer publiquement après son départ si « les valeurs fondamentales » de l’Amérique étaient en jeu. Le président américain de 55 ans entend ne pas se mêler du jeu politique normal mais n’a pas exclu la possibilité de « s’exprimer » sur des sujets comme la discrimination, le droit de vote, la liberté de la presse ou l’immigration.

« Il y a une différence entre le fonctionnement de la politique au quotidien et certains problèmes ou périodes qui pourraient affecter nos valeurs fondamentales », a-t-il expliqué. « Je mets dans cette catégorie la discrimination systématique (…), les obstacles faits aux personnes en capacité de voter, d’exercer leurs droits (…), les initiatives institutionnelles pour faire taire la presse d’opposition et les initiatives visant à (…) envoyer ailleurs des enfants qui ont grandi ici », a précisé le président sortant. « Ce serait quelque chose qui mériterait que je m’exprime », a-t-il ajouté.
Cote de popularité au sommet

Il s’est néanmoins voulu rassurant avant de passer le flambeau à son successeur républicain. « Je suis profondément convaincu que ça va aller », a-t-il déclaré. « Ce n’est pas seulement Obama le calme. C’est ce que je crois vraiment », a-t-il ajouté en évoquant les interrogations récurrentes des journalistes qui veulent savoir quel est son véritable état esprit face à la présidence Trump.

Barack Obama quitte le pouvoir auréolé d’une cote de popularité au zénith proche de celle dont il bénéficiait à son arrivée en 2009. Selon le dernier sondage en date, réalisé par CNN-ORC et diffusé mercredi, 60 % des Américains approuvent son action. Il figure en haut de tableau des présidents en fin de mandat, juste derrière Bill Clinton (66 % en janvier 2001) et Ronald Reagan (64 % en janvier 1989). Avant de quitter le feu des projecteurs, le président sortant a répété son souhait d’écrire et de profiter de sa famille après son départ. « Je veux écrire. Je veux être un peu silencieux (…) et passer du temps avec mes filles », et aussi « m’assurer que ma femme (…) veuille bien me supporter un peu plus longtemps », a-t-il déclaré, soulignant qu’il allait célébrer cette année ses 25 ans de mariage avec son épouse Michelle.
À l’aise avec son bilan

Barack Obama a aussi défendu le bilan de ses deux mandats, et en particulier la décision annoncée mardi de commuer la peine de Chelsea Manning, condamnée à trente-cinq ans de prison pour avoir transmis des documents confidentiels au site WikiLeaks. « Je n’ai aucun problème à dire que justice a été rendue », a-t-il déclaré. Chelsea Manning a purgé « une dure peine de prison (…), elle a été jugée (…), elle a admis sa responsabilité pour son crime, la peine qu’elle a reçue était très disproportionnée », a-t-il ajouté, rappelant qu’il avait commué et non annulé cette peine.

Interrogé sur la volonté de Donald Trump de réchauffer les relations glaciales entre la Maison-Blanche et le Kremlin, Barack Obama s’est gardé de critiquer directement son successeur républicain, mais a tenu à faire une mise au point. « Je pense qu’il est dans l’intérêt de l’Amérique et du monde d’avoir une relation constructive avec la Russie », a-t-il insisté, tout en soulignant que cette vision s’était heurtée à une « escalade du discours anti-américain » lorsque Vladimir Poutine est revenu à la présidence russe en 2012, menant à une relation Washington-Moscou plus « antagoniste » et « difficile ».

Inquiétudes sur la question israélo-palestinienne

C’est sur le conflit israélo-palestinien, sur lequel il s’est dit « profondément inquiet », que le président démocrate a lancé la mise en garde la plus nette à l’homme d’affaires de New York qui a promis d’installer l’ambassade américaine à Jérusalem, un geste qui sonnerait le glas d’une possible « solution à deux États ». Mettant en garde contre le fait de procéder à des décisions unilatérales « soudaines » dans un environnement potentiellement « explosif », il a aussi appelé à la reprise du dialogue, soulignant combien le statu quo était « dangereux pour Israël, mauvais pour les Palestiniens, mauvais pour la région et mauvais pour la sécurité aux États-Unis ».

Au moment où l’équipe de Donald Trump a promis de revoir la nature des relations de l’exécutif américain avec les médias, Barack Obama a défendu l’importance de la salle de presse, depuis laquelle il s’exprimait, au cœur de la prestigieuse « West Wing » de la Maison-Blanche. « Vous avoir dans ce bâtiment a permis à ce lieu de mieux fonctionner », a-t-il déclaré, appelant les médias à faire preuve avec la nouvelle administration de « la même ténacité ». Les deux derniers mots du 44e président des États-Unis ont été réservés aux journalistes : « Bonne chance ! »

Le Point.fr

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