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Alerte citoyenne/Gouvernance Lonagui, «du grand n’importe quoi» : Défaillance hiérarchie Conseil d’Administration (Opinion)

La direction des sociétés d’Etat dans notre pays est caractérisée par un diptyque Directeur Général (DG)/Directeur Général Adjoint (DGA) et la Lonagui, société d’Etat, obéit à ce schéma de direction, mais en théorie seulement.

Le poste de DGA est en effet toujours demeuré une coquille vide depuis septembre 2014, et depuis les changements intervenus en 2016, il demeure dans un flou paradoxal du fait d’une part que ce poste n’apparait pas dans la Direction Générale nommée en octobre 2016, et d’autre part, que ce titre de DGA est toujours attribué dans des documents officiels de la Lonagui : fiches de paie, badge, etc.

Tout semble indiquer qu’un tel schéma de direction a été jugé, par la hiérarchie constituée par le Conseil d’Administration (CA) et ayant voix au chapitre dans la désignation de la Direction Générale, conforme à leurs appréciations, et il faut alors en prendre acte. Il n’en demeure pas moins cependant que tout acteur impliqué dans la vie de la Lonagui, entreprise d’Etat, a ce devoir civique de mettre en exergue les graves dérives d’un tel schéma de direction, aux antipodes d’un Etat de droit conforme à la vision du Chef de l’Etat, et bridant de ce fait le développement efficient de cette société. Un tel devoir prend les allures d’une impérieuse nécessité si l’acteur concerné est impliqué à 3 niveaux qui font qu’il ne peut absolument pas se dérober à ce devoir d’alerte sur ces dérives, d’autant plus que le modèle de la Lonagui, intégrant les changements de 2016, est censé faire l’objet d’une retranscription dans d’autres entreprises d’Etat, d’où nécessité d’un modèle à vulgariser dégagé de ses imperfections.

Sens de mon intervention

C’est le sens de cette intervention, d’abord en ma qualité d’employé de la Lonagui soucieux de la préservation de son outil de travail comme tous les autres employés.

Il y a ensuite ma qualité de DGA nominal qui m’oblige, plus que tout autre à ne pas contribuer à entretenir le flou sur cette fonction sans substance, car cela relèverait de ma part d’une faute lourde, à l’image d’un recéleur dissimulant une chose indélicate ; la clarification à ce niveau s’impose : si c’est une gouvernance  Directeur Général tout court, on en prend acte dans ce cas, mais alors on ne fait pas apparaitre en même temps une fonction de DGA sans substance dans des documents officiels, comme si on voulait enrober la gouvernance de la société d’un label de direction conventionnelle en dissimulant donc la véritable réalité y afférente.

Il y a enfin ma qualité de militant politique engagé pour la réussite de la vision de son leader sur le terrain, ici le terrain notamment de la bonne gouvernance d’une entreprise d’Etat, surtout que j’ai l’honneur de faire partie de ces Guinéens ayant été faits venir de l’étranger et censés contribuer à la bonne gouvernance au profit, en dernière instance, de notre pays : mais à ce niveau d’annonce, cela n’est pas une particularité pour moi, car tout militant politique, de quel que parti qu’il soit, est engagé pour la réussite de son leader.

Cependant, là où pour moi cela peut davantage relever d’un devoir de cohérence, c’est qu’en plus de cet engagement agissant comme tout le monde, je ne manque pas une occasion de mener des réflexions sous formes d’articles pour défendre ou promouvoir  telle position, par exemple sur ce qui a été qualifié comme fronde des Jeunes du RPG/AEC (Rassemblement du Peuple de Guinée/Arc-en-ciel) où je préconisais la légitimité d’être ambitieux pour servir son pays, mais la nécessité de ne pas être prétentieux, ou encore dans mon dernier article du mois de mai passé où je défendais une position sur la question de limitation ou non de mandat présidentiel en Afrique ; je ne peux donc pas être dans des préconisations et ne pas prêcher d’exemple sur le terrain de la servitude envers son pays dans le cadre d’une entreprise d’Etat en l’occurrence. Ce n’est d’ailleurs pas anecdotique qu’un militant ait réagi au 1er exemple d’article ci-dessus mentionné en écrivant à mon encontre que «les masques sont tombés» ! Une clarification dans le type de direction unilatérale ou duettiste éviterait ce 1er niveau de grand n’importe quoi se traduisant par une gouvernance solitaire du Directeur Général aux conséquences désastreuses pour la Lonagui, comme des détournements dans la plus grande impunité au détriment de la société.

Détournement de fonds : la jurisprudence Lonagui

Le jeudi 23 février 2017, le DG a convoqué une réunion du Personnel dans l’après-midi pour notamment faire le point sur 2 bus commandés depuis plus de 2 ans pour le Personnel Lonagui. Depuis plus de 2 ans en effet, un acompte de 50%, soit plus d’1 demi-milliard de Francs Guinéens (environ 593 millions FG) a été payé à un fournisseur pour la livraison de ces 2 bus, mais à ce jour aucun bus n’a été livré ! Le DG a donc fait venir le fournisseur à cette réunion, ainsi qu’un Gendarme censé encadrer le fournisseur censé être en état d’arrestation, et le DG de dire en substance que des membres du Personnel ont débité beaucoup de choses sur lui, du genre détournement de fonds.

Le DG rétorque alors pour dire qu’il n’a rien détourné, que c’est la faute du fournisseur qu’il avait au préalable présenté à l’assemblée, que celui-ci est d’ailleurs en état d’arrestation et qu’il a été extrait de sa prison pour les besoins de cette réunion, d’où l’encadrement assuré par le Gendarme. Des Responsables des Services Ressources Humaines, Comptabilité et Logistique ont alors fait chorus avec le DG pour dire que celui-ci n’a rien détourné, en exhibant pour preuve la présence du fournisseur fautif !

Ce fut alors une partie d’exutoire où le fournisseur a servi de punchingball en encaissant les ressentiments  des employés, en s’excusant du retard (plus de 2 ans de «retard» quand même !) dans la livraison et en promettant de livrer assez rapidement ! Cependant, un employé prit la parole pour dire qu’il assume d’avoir bien déclaré que le DG a détourné l’argent des bus ; un autre employé intervient pour marquer son étonnement sur cette réunion, car il fait remarquer que si la commande a été faite à partir d’un contrat comme affirmé, il y a des clauses contractuelles qui règlent ce genre de litiges, d’où les appliquer tout simplement au lieu de convoquer une telle réunion. C’est ahurissant de faire sortir des deniers publics pour un objectif déterminé, que ces fonds aient fait un détour pour une autre destination car l’objectif n’a pas été réalisé, que les fonds ne soient de ce fait pas revenus à domicile depuis plus de 2 ans, et d’affirmer qu’il n’y a pas de détournement de ces fonds !

Le DG a une curieuse conception du détournement de fonds, c’est là une nouvelle jurisprudence de non détournement de fonds qui fait qu’on peut faire sortir des deniers publics comme on veut pour un objectif déterminé, dans la durée qu’on veut, et d’affirmer à terme qu’il ne s’agit pas d’un détournement, malgré que l’objectif ne soit pas atteint et que les fonds n’aient pas été restitués ! Pour ce qui nous concerne nous citoyens de notre République, un tel procédé est un détournement de fonds, et dans ce cas, ce n’est pas devant une telle assemblée d’employés victimes que le DG doit s’expliquer, mais devant une Institution républicaine de jugement qualifiée pour cela. Cette affaire est d’autant plus poignante que le DG tourne au ridicule une de nos Institutions républicaines, à savoir la Gendarmerie, en commettant un Gendarme (qui n’était cependant pas en tenue) pour accréditer son cinéma de mauvais goût.

Que dire alors de ces Responsables de ces importants Services des Ressources Humaines, Comptabilité, Logistique qui ont la même conception de non détournement de fonds que le DG ! On en tremble pour les finances de la Lonagui. On en tremble davantage, au vu des travaux de construction d’un nouveau siège de la Lonagui qui est une affaire de milliards de FG, avec  cette conception de non détournement de fonds ! Sur un autre plan financier, sans doute que le refus du DG de rembourser une facture de 451.500FG au DGA nominal procède-t-il de cette jurisprudence de non détournement !

Il s’agit là d’une demande de documents financiers émanant du Conseil d’Administration en août 2016 pour faire l’état des finances de la Lonagui, d’où le DG, le DGA et le DAF avaient été désignés pour la production de ces documents, mais le DG (à l’époque Administrateur Général) avait argué de «panne de machine» à la Comptabilité pour empêcher la production de tels documents, d’où le CA a fini par demander au DGA et au DAF de s’investir à fond pour la production de ces documents, y compris en prenant en charge eux-mêmes les frais y afférents qui seront remboursés, d’où cela a pu tant bien que mal être fait ; au final, le DG refuse cependant de rembourser au DGA cette somme couverte par la facture du 19 août 2016 déposée à la Comptabilité, et le CA, ordonnateur de cette dépense, bien que saisi de la situation, n’y donne aucune suite conforme à son engagement initial, mais conforme surtout à sa mission et à son pouvoir légitimes dans cette période intérimaire où il était le seul Organe légal et légitime ! On conviendra que cette attitude du CA est surprenante, et c’est encore plus surprenant de sa part d’avoir bien débuté sa mission en s’orientant dans cette démarche de diagnostic de la Lonagui, et depuis lors d’être rentré dans les rangs, selon l’expression courante usitée dans ce genre de situation !

Encore une utilisation de fonds par le DG qui ne sera pas considérée comme un détournement ! Cette attitude qui consiste à prendre des libertés avec les faits et à bafouer nos Institutions républicaines se retrouve dans d’autres domaines de la vie de la Lonagui, au détriment toujours de la société.

Violation délibérée et en permanence de la loi  travail par le DG préjudiciant une partie du Personnel

Le Directeur Général est dans une constante violation de la loi vis-à-vis d’une grande partie du personnel, en leur faisant subir une mise au placard (se traduisant par du bore out c’est-à-dire passer ses journées à «tuer le temps», cela pouvant aboutir à de la déprime notamment) interdite par la Loi et non conforme à l’Etat qu’est en train de bâtir le Président de la République. En France, la loi stipule et je cite : qu’ «un employeur est dans l’obligation de fournir le travail qui est prévu dans le cadre de son  contrat et le harcèlement moral que constitue la mise au placard est interdit ».

La mise au placard est ainsi assimilée à du harcèlement moral, et l’article L. 1152-1 définit les effets d’un tel harcèlement comme « une dégradation des conditions de travail de l’employé susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ».

Je n’ai pas visité la Loi guinéenne sur ce point, mais elle doit au moins être conforme, dans son esprit, à la Loi française correspondant à cet Etat que le Chef de l’Etat justement, consolide chaque jour davantage, se traduisant notamment par un respect des normes de fonctionnement d’une entreprise publique. Or, la LONAGUI étant un démembrement de l’Etat, le Directeur Général est de ce fait dans le bafouement et le mépris le plus total des règles de fonctionnement édictées par les Institutions républicaines compétentes dans ce domaine.

Ibrahima Sory KEÏTA

Employé Lonagui

 

 

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