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Des politiques et les coordinations régionales, qui manipule qui ? (Par le politologue Kabinet Fofana)

De la comédie, des mises en scène et des propos peu orthodoxes, nous sont souvent servis par nos coordinations régionales. Ces organisations non formelles aux élans communautaires créent plus de problèmes qu’elles n’en résolvent.

Malgré cet état de fait déplorable, elles sont malheureusement d’un impact social important et influent considérablement sur le comportement des partis politiques, des individus et même de l’administration publique.

Le dernier est le spectacle que nous ont récemment offert les dépositaires de l’estime populaire en Basse Côte, chaque groupe revendiquant l’autorité morale et sociétale de cette communauté linguistique et géographique, qui est devenue depuis la présidentielle de 2010, la chasse gardée des politiques qui lui font la cour telle une jeune fée vierge.

Qui des politiques ne passent pas faire allégeance chez le Kountigui de la basse côte, ils sont par plusieurs, ces politiques qui ont été victimes de la malice douce du personnage, combien sont ces cadres malveillants et incompétents aux affaires parce que présentés comme représentants d’une communauté linguistique perçue comme force politique.

Que dire des ministres et cadres qui s’identifient à ce personnage au point que ses cérémonies d’intronisation sont toujours rehaussées par eux qui lui apportent biens matériels et protection de l’Etat.

De même, à plusieurs reprises la communauté mandingue et celle Al pular, se sont invitées dans le débat politique en prenant fait et cause pour leur parti politique affilié.

Il n’est pour nul étrange que les coordinations régionales sont une machine politique, ce qui explique d’ailleurs toute la convoitise dont elles sont sujettes.

On croirait qu’elles sont uniquement celles qui sont manipulées mais en tout état de cause, elles parviennent aussi intelligemment à instrumentaliser les politiques, à leur dicter une ligne politique qui sied avec leurs intérêts. C’est dire donc qu’elles sont des acteurs d’opinions incontournables.

Les raisons qui expliquent la prégnance des coordinations régionales dans la vie politique et leur impact sur les politiques, sont nombreuses.  

C’est d’abord le poids de l’histoire, celle-ci qui veut qu’un pouvoir soit perçu comme celui d’une communauté contre une autre et par conséquent la violence d’Etat est par exemple présentée comme celle de la communauté à laquelle appartient le président de la République.

Ensuite, il est surdéterminé par le contexte politique délétère et agressif dont le point d’encrage est le discours d’une sérieuse violence et la méfiance des communautés ethniques transformées en communautés politiques hostiles.

Par conséquent, les calculs politiciens deviennent le sacerdoce qui détermine les comportements de notre société et servent malheureusement d’outil d’aide à la décision publique.

Cette situation réfléchie entrave le tissu social déjà laminé par les actions et les discours de nos politiques.

Les organes intermédiaires de la société civile doivent résolument être dans la mouvance des actions citoyennes et de plaidoyers pour interpeler les politiques et les coordinations. Il leur appartient de même, de sensibiliser les populations sur les questions de diversité.

Notre société devient foncièrement ethnicisée. Messieurs les politiques, procédez-y avec pédagogie!

 

Kabinet Fofana,

Politologue,

Président de l’Association Guinéenne de Sciences Po

 

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