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Doudou Traoré : Trois ans après, sa famille oubliée (Par Moussa Tatakourou Diawara)

Le couple Doudou et la première dame

Devoir de mémoire oblige ! 12 Juin 2014-12 Juin 2017, cela fait exactement 3 ans jour pour jour que notre regretté feu Nanamoudou Traoré dit « DOUDOU », a tiré sa révérence.

«En politique, la fidélité est de l’adresse : défendre à outrance celui qui s’en va, c’est gagner l’estime de celui qui vient », a écrit le philosophe.

Le 12 Juin 2014, restera un jour inoubliable, non seulement dans la famille Traoré, mais aussi dans le monde des médias guinéens.

Doudou, vous avez été ce soldat qui a servi son chef jusqu’au dernier souffle, tombé armes en mains sur le champ de bataille.

Vous avez eu l’amour pour votre métier de cadreur,  pour lequel vous n’avez pourtant pas  bénéficié de grands avantages, à cause de vos engagements politiques auprès du parti au pouvoir aujourd’hui, le RPG-ARC-CIEL et  de son président, le professeur Alpha Condé.

Cet engagement auprès de l’opposant  historique  du pays à l’époque, président de la république aujourd’hui, vous a couté  cher sur le plan professionnel, dans les années  1992, 1993 et 1994.

Viré de votre poste au Palais des nations où vous travailliez à la section caméra à cause de vos engagements politiques, alors que vous étiez  encore simple stagiaire, ce qui fut pour vous le début d’un calvaire, d’un chemin parsemé d’embûches pour un voyage incertain.

Vous vous êtes engagé pour ce voyage à destination inconnue sans rémunération, sous la pluie de la Basse-Côte, le soleil de la  Haute-Guinée,  le froid du Fouta et de la forêt.

Vous avez été celui envers qui bon nombre des membres de votre propre famille, ont eu des critiques amères pour un engagement politique sans récompense et à issue incertaine.

Doudou, on vous pleure nuit et jour,  vos collègues de service, vos compagnons de lutte politique, les membres de votre famille, vos cousins et cousines.

Vous avez laissé derrière vous une épouse, une femme exemplaire, une femme sage, une femme respectable, et fidèle à son amour, je veux nommer la charmante Bintou Diabaté ; elle a été  victime d’une trahison de ta part, elle a voulu bien continuer cette belle aventure avec toi, mais hélas tu l’as laissée en mi-chemin, elle s’entendait  à ton retour à la maison le soir du 12 juin mais finalement tu as changé de destination avec un chauffeur inconnu.

Son souhait était de continuer avec vous durant toute sa vie, car c’est cet engagement que vous vous êtes  assignés tous les deux devant des témoins, mais l’homme propose Dieu dispose ; elle savait qu’un parmi vous deux, ne respecterait pas sa parole, mais elle ne savait pas que ç’aurait été  aussi précoce !

Elle continue ce chemin seule avec le double rôle, le tiens et le siens, pour l’éducation de vos enfants, qui ne cessent de vous demander quand es tu vas venir ?

Ils sont tous dans l’incertitude pesante que tu es en voyage, mais avec une mère comme Bintou, elle gère ton absence éternelle comme si tu étais présent auprès d’eux.

Macky, Fatou, Fatoumata, et Alpha, vous attendent comme ils avaient l’habitude de vous accueillir lors du retour  de tes missions, mais après trois ans, ils commencent à comprendre que cette mission est sans retour.

Elle tient le coup, mais ton absence a créé un vide dont elle ne se remettra jamais.

Certains de vos amis qui venaient tous les jours à la maison ne viennent que par an maintenant, d’autres,   on les voit même plus, ce n’est pas de leur faute, c’est  les conséquences de la mort, nos amis de notre vivant, ne sont pas forcément nos amis après notre mort.

Vous avez eu droit à tous les éloges à l’occasion du symposium organisé en votre mémoire au palais, amis, collaborateurs, connaissances, sont passés l’un après l’autre pour dire quel genre d’homme étiez-vous, des promesses ont été énoncées à tire-larigot pour continuer à rendre votre famille heureuse par celui que vous avez loyalement servi comme un père biologique durant toute votre carrière professionnelle jusqu’à tomber sous ses pieds, en plein exercice de votre métier.

Ces promesses prises publiquement devant la famille pour assurer un avenir meilleur à  vos enfants, pour une prise en charge totale de leurs scolarités en Europe et l’achèvement de votre concession arrêtée depuis le 12 juin 2014, jour de votre décès, sont restées lettres mortes, pour ne pas dire des serments d’ivrogne !

Comme le dit un adage  Maninka : « Ah fonni yoro min ah dan ni yé ».

Peut-être que ceux qui doivent le rappeler ont peur d’être traités comme des cabris, des mal éduqués, ou des mal élevés, car de nos jours c’est tout à fait devenu un problème de rappeler à des gens en Guinée leur promesses prises.

Car comme disait l’autre, je cite : « Il faut avoir une bonne mémoire pour être en mesure de tenir les promesses que l’on fait ».

Repose en paix mon oncle, que la terre de Guinée, votre patrie que vous avez tant aimée et servie, vous soit légère !

Amen !

Moussa Tatakourou Diawara, depuis Paris

Commentaires

commentaires

1 Commentaire

1 Comment

  1. tim

    12 juin 2017 at 20 h 31 min

    C’est très bien dit, Moussa. J’aime beaucoup ta plume car tu écrits très bien. Je te souhaite un bon séjour en France.

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