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Partenariat Guinée-Japon : La Guinée tête de pont nippone en Afrique de l’ouest !

Le Forum sur les investissements initiés par la JETRO (organisation du commerce extérieur japonais) le 20 juin dernier dans la capitale nippone, en présence d’une trentaine d’hommes d’affaires guinéens a été une occasion pour les acteurs économiques des deux pays d’affirmer leur volonté en faveur des échanges et des investissements bilatéraux.

Le président Alpha Condé qui s’est exprimé à la tribune de ce forum, s’est engagé à garantir la création d’un environnement favorable à l’investissement, afin de rassurer le monde des affaires japonais.

Ce Forum organisé par la Jetro (organisation du commerce extérieur japonais) avait pour but de redynamiser davantage les relations d’affaires entre la Guinée et le Japon. Dans l’espoir, notamment d’attirer des investissements japonais dans notre pays. Car si le Japon est le plus gros contributeur en matière d’aide au développement parmi les pays asiatiques, ses investissements sur le continent sont faibles. Ceci serait dû principalement à la frilosité de ses milieux d’affaires.

D’après des études, la frilosité du Japon à investir en Afrique serait liée à des problèmes d’instabilité politique et macroéconomique.

Le manque d’informations sur les opportunités d’affaires vient s’ajouter à ce tableau. Il faut toutefois noter que le Japon a depuis une décennie, décidé de rattraper son retard en matière d’investissements sur le continent.

L’accroissement des investissements directs japonais en Afrique est une opportunité à saisir pour des pays comme la Guinée.

C’est dans cette optique que se situe ce Forum d’affaire au cours duquel le président Condé et son gouvernement ont vanté l’environnement attractif pour les investissements étrangers qu’offre dorénavant notre pays.

Un code des investissements étrangers favorable

Durant les travaux de ce séminaire, la Guinée a brandi l’argument de disposer d’un environnement attractif pour les investissements étrangers, avec un nouveau Code des investissements favorable. Ce code adopté en mai 2015, est perçue comme « la consécration de la politique nationale en matière d’investissement. Il s’inscrit dans la logique de la promotion des investissements et de l’amélioration de la compétitivité de l’économie guinéenne. »

Il a institué « un régime privilégié favorable aux investissements, qui accorde des avantages fiscaux et douaniers pendant la phase d’installation et de production », d’après l’Agence de promotion des investissements privés (APIP).

Il faut noter que ce code donne « la possibilité aux investisseurs étrangers de détenir jusqu’à 100% des titres sociaux de l’entreprise qu’ils envisagent de créer sauf pour les secteurs réservés.

Les investisseurs étrangers ont les mêmes droits et bénéficient du même traitement que les investisseurs nationaux sauf dispositions contraires », entre autres.

En plus de ce code censé séduire les investisseurs, la partie guinéenne a aussi mis l’accent sur le fait que la Guinée peuplée de 11 millions d’habitants, pourrait voir sa population doubler vers 2030.

Et que le pays fait partie d’un marché sous régional qui aura une population de 500 millions d’habitants en 2040.

Sur le plan macroéconomique, les voyants seraient au vert d’après Dr Kassory Fofana, ministre d’État chargé des investissements, l’un des intervenants à ce Forum. Selon lui, l’inflation a été maîtrisée, et la croissance prévue pour 2017 serait de l’ordre de 6,7%.

A cette allure la Guinée tendrait vers une croissance à 2 chiffres à l’horizon 2020. Les énormes ressources minières de notre pays figuraient également en bonne place dans ce chapelet égrené par Ibrahima Kassory Fofana.

Le facteur de la stabilité sociopolitique n’a pas non plus été occulté. Vu que la Guinée n’a  jamais connu la guerre, contrairement à la plupart de ses voisins, dont la Côte d’Ivoire, le Libéria, le Mali, la Sierra Léone. Ce sont là autant d’arguments développés par la délégation guinéenne, lors de ce Forum.

Dans son discours de circonstance, Alpha Condé a cité comme principaux facteurs du retard de son pays en matière de développement, la parenthèse douloureuse de la rupture entre son pays et la France du Général De Gaulle en 1958, consécutive au « Non » au Référendum.

Ainsi que l’avènement d’un régime militaire après la disparition de Sékou Touré. Comme pour dire que la Guinée vient de loin. Il promet néanmoins de poser les bases du développement en dotant son pays d’infrastructures, afin de permettre un décollage économique. Alpha n’a pas manqué de souligner que son pays voulait désormais transformer ses produits sur place, au lieu de les importer.

Il a aussi rendu un hommage appuyé au Japon qui a aidé la Guinée à se doter d’une cartographie, après que la France ait confisqué celle qu’elle avait conçu, après la séparation.

Comme à son habitude, le président a fait d’une pierre deux coups, en plaidant la cause du continent. Pour faire face à « la nouvelle forme d’esclavage qu’est l’immigration clandestine, l’Afrique a décidé de prendre son destin en main », a déclaré le président guinéen. Qui a martelé que l’Afrique ne voudrait plus d’ingérence extérieure dans ses affaires. Pour finir Alpha a indiqué que les Africains seront 2 milliards en 2050, tout en rappelant que les 7/10 des populations n’auraient pas accès à l’énergie. Car le président ne rate aucune occasion pour attirer le regard des investisseurs dans le cadre de la vulgarisation des énergies renouvelables sur le continent.

D’ailleurs lors de son entretien avec Abe, les deux ont reconnu que « le changement climatique est un défi mondial qui exige les efforts de l’ensemble de la communauté internationale et réaffirmé leur ferme engagement à la mise en œuvre solide de l’Accord de Paris.

Ils ont exprimé leur détermination à mettre à profit l’opportunité économique importante, offerte par la transformation du secteur de l’énergie et la technologie propre, en vue de concilier la lutte contre le réchauffement climatique avec la croissance et la création d’emploi. »
Un secteur privé guinéen qui cherche ses marques

S’il faut saluer le travail que ne cesse d’abattre le président de la République depuis son avènement aux affaires, pour doter la Guinée d’un secteur privé dynamique, il faut reconnaître cependant que la mayonnaise tarde à prendre.

Car minés de plus en plus par des clivages, nos milieux d’affaire ont du mal à parler d’une même voix. C’est donc un secteur privé qui a l’air d’un véritable panier à crabes.

A noter qu’une trentaine d’hommes d’affaires guinéens a pris part à ce séminaire de Tokyo sur les investissements. Des acteurs du monde économique évoluant dans des secteurs de la pêche, de l’agriculture, des BTP et de l’automobile.

Ce Forum a été une occasion pour la Guinée d’afficher ses intentions qui sont celles d’être la tête de pont des investissements japonais dans la sous-région.

Le pari est ambitieux mais pas impossible à atteindre. Il suffit d’avoir de la poigne…

Dian Baldé, envoyé spécial

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