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Autopsie de l’UPG, le Horoya AC, la CENI.. Entretien à bâtons rompus avec Me Alfred Mathos

L’UPG de feu Jean Marie Doré, est très loin de disparaître sur l’échiquier politique guinéen. Il compte le prouver lors des prochaines communales qu’il abordera probablement avec l’UFR, son « allié » à l’Assemblée Nationale.

C’est en tout cas ce que nous explique Me Alfred Mathos, président du parti, dans un entretien accordé à la rédaction de Mosaiqueguinee.com.

Avec lui, nous parlons également du Horora AC, et d’autres questions d’actualité.

Lisez !

Mosaiqueguinee.com : Depuis le symposium de Feu Jean Marie Doré, on a l’impression que les activités politiques du parti s’estompent. Qu’en est-il ?

Me Alfred Mathos : Ce n’est pas le cas, puisque nous avons nos réunions hebdomadaires du BPN, chaque vendredi à partir de 16 heures. Quand vous prenez un parti qui date de 1992, dont son feu président, Jean Marie Doré, a été l’un des pionniers de la démocratie en Guinée… Nous, en tant que héritiers de ce testament historique et politique, il était bon pour nous d’abord de faire l’inventaire de nos structures. Cet inventaire passe par une méthode et par un message.

Le message, c’est d’abord de féliciter tous les fidèles militants qui sont restés au sein du parti. Et d’essayer d’évaluer nos forces et nos faiblesses.

De ce fait, nous avons envoyé des inspecteurs dans nos régions. Essentiellement en forêt, parce que vous n’êtes pas sans savoir que chaque parti a son fief. Cela ne veut pas dire que nous ne sommes pas implantés ailleurs, à Boké, à Labé et à Conakry. Cette évaluation est en train d’être faite, nous sommes en train de renouveler nos structures.

Je vous annonce que  les structures du bureau politique des femmes et du bureau national des jeunes,  doivent être mises en place. Ensuite, je dois faire une tournée à l’intérieur du pays.

Nous avons un groupe parlementaire avec l’UFR, qui est l’alliance démocratique. Et, c’est à travers ce groupe parlementaire que nous nous faisons entendre.

Je ne vais pas me mettre à communiquer à tout moment pour dire que tout va vite. C’est vrai, sur certains faits de la nation, on doit entendre le point de vue de l’UPG. Qu’à cela ne tienne, après mes déplacements  qui m’ont éloigné un peu du pays à cause de mes occupations professionnelles, vous m’entendrez. Il n’est pas trop tard pour bien faire, je vais essayer de remédier à ce déficit de communication.

Mosaiqueguinee.com : La CENI vient de faire l’avant-projet du chronogramme des élections locales. Quelle est votre impression ?

Me Alfred Mathos : Je dirais que c’est une chose à saluer dans la mesure où nos populations ont soif d’élections communales. Ce sont ces élections, qui constituent le thermomètre d’une démocratie. C’est là qu’on  peut mesurer les forces et les faiblesses de la mouvance présidentielle et de l’opposition.

Est-ce que cette annonce de cet avant-projet, va être suivie de moyens adéquats pour que nous puissions aller aux élections avant fin 2017 ? Parce qu’en 2018, vous avez les législatives.  Donc je salue ce chronogramme, nous soutiendrons la CENI pour que ces élections aient lieux.

Mosaiqueguinee.com : Comment votre parti se prépare-t-il à aller à ces communales ?

Me Alfred Mathos : Nous avons déjà des maires à Lola, dans les préfectures de Yomou et de N’Nzérékoré. Vous savez, les communales préparent les législatives et les législatives préparent les présidentielles.

Si vous n’allez pas aux communales, vous ne pouvez pas corriger votre stratégie électorale par rapport aux autres. Donc, nous sommes condamnés à aller aux élections communales, mais nous allons mettre une stratégie d’abord en interne.

Puisque nous avons un groupe parlementaire avec l’UFR, nous allons essayer de voir avec notre partenaire, comment allez ensemble. Mais ce n’est pas exclu pour un autre qui voudrait évoluer avec nous.

Mais notre stratégie, c’est d’évaluer nos forces et nos faiblesses. Cela nous permettra de savoir là où on peut gagner nettement. Et là où on ne peut pas gagner, on fera des alliances.

Mosaiqueguinee.com : L’opposition républicaine menace de redescendre dans la rue, si la CENI ne décline pas le chronogramme des élections locales dans un bref délai. Qu’en pensez-vous ?

Me Alfred Mathos : Elle a le droit de manifester.

Mais il faut épuiser toutes les voix pour que la négociation ne quitte pas la table de négociation. Ça, c’est la partition du gouvernement, de la mouvance présidentielle, de l’opposition, et même du centre.

Par conséquent, il ne faudrait pas que l’opposition républicaine aille dans la rue. Il faudrait qu’elle attende d’abord que la mauvaise foi de la CENI soit prouvée.

Il faut aider la CENI à pouvoir aller aux élections. Comme elle a une nouvelle direction maintenant, je pense qu’il faut leur faire confiance. Chaque parti est représenté à la CENI. Donc, à nous d’outiller nos commissaires qui nous représentent là-bas pour qu’il n’y ait ni excès inutile ni faiblesse coupable.

Mosaiqueguinee.com : A un moment donné, vous avez été le président de Horoya, club dirigé aujourd’hui par le fils d’Antonio Souaré. Dite-nous comment ça s’est passé entre vous ?

Me Alfred Mathos : Pour la petite histoire, Guinée-Games a été notre sponsor leader pendant trois ans. Moi j’étais à la tête de Horoya depuis vingt-ans. A un moment donné, j’ai décidé de passer la main.

Il fallait que le Horoya monte d’un grand pas pour aborder la coupe d’Afrique des clubs champions et pour avoir une compétition comme le Hafia.

Donc j’ai dit à Antonio Souaré, qui voulait s’impliquer plus rapidement dans le club, j’ai demandé aux membres sociétaires du Horoya de faire une assemblée. C’est ainsi qu’on lui a passé la main.

Ce qui se passe aujourd’hui au Horoya, nous sommes maintenant dans un domaine de la ligue professionnelle. Les clubs se sont vus  dotés de structures qui ressemblent un peu à des clubs pratiquement privés et professionnels.

A partir du moment où il a fait de l’investissement, il est important qu’il puisse avoir une visibilité sur ce qu’il a investi. Donc, mettre son fils à la tête du club, ça ne gêne pas, ça existe ailleurs.

Le père en fils pour gérer un club, ce n’est pas ma tasse de thé. Mon problème, c’est que nous sommes encore dans une phase qui part de l’amateur au professionnel. Il faut qu’on fasse très attention, les esprits malins peuvent utiliser ça pour dire qu’il se place trop, il est président de la fédération guinéenne de football en même temps président de l’organisation de la CAN en 2023, mais bref, dans ce jardin très restreint de football, il y a de sponsors leaders.

Si un monsieur, comme Antonio, peut mettre de l’argent dans le football, pourquoi lui reprocher ça,  s’il trouve son pain dans cette filière sportive ?

Mais, je pense qu’il est assez lucide pour comprendre que le football est un sport populaire, il faut l’adhésion de la population. Je connais les supporters de Matam, je sais qu’ils ont une sensibilité. L’honneur pour eux, c’est de participer à la vie du club.

Mosaiqueguinee.com : quel est votre avis par rapport à la recrudescence de l’insécurité à Conakry et à l’intérieur du pays ?

Me Alfred Mathos : Ce problème, il faut le prendre sous tous les aspects. Le premier, c’est le manque criard d’infrastructures. Dans un pays où vous avez les infrastructures qui manquent, comme l’eau, l’électricité, des routes…, vous aurez forcément un problème d’insécurité. Le second, ce sont les forces de l’ordre, il faudrait leur donner les moyens de pouvoir exercer leur profession.

Ensuite, il y a l’impunité, il ne faudrait pas que celui qui fait des méfaits, ne soit pas retrouvé pour être puni. Dès fois la police a du mal à le retrouver parce qu’elle n’a pas les moyens. Il y en a d’autres, qu’on retrouve mais qui ne sont pas punis.

C’est à l’Etat de faire ça, il faut que les gens aient peur, il faudrait qu’ils sachent que s’ils franchissent la ligne rouge, ils vont être sanctionnés.

Interview réalisée par Hassane Kolié

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