A LA UNE

Radioscopie de l’actualité politique avec l’Honorable Sila Bah : «On n’est pas là pour propulser nécessairement un individu»

H. Alpha Ibrahima Sila Bah

Ce dimanche, 17 septembre 2017, l’Honorable Alpha Ibrahima Sila Bah était l’invité de la presse dans les locaux de Mosaiqueguinee.com. Dans un entretien à bâtons rompus, le leader du Parti Guinéen pour la Renaissance et le Progrès (PGRP) et membre du Front pour l’Alternance Démocratique (FAD), de retour des Etats-Unis d’où il suivait avec intérêt l’actualité sociopolitique du pays, a répondu à plusieurs questions brulantes liées à la vie de la nation.

Sans détour, l’invité a évoqué entre autres, le climat de méfiance au sein du FAD où ça sent de la traitrise, sa position de non-aligné à l’Assemblée Nationale où il siège grâce aux militants de son parti, ses efforts restés sans succès pour une réconciliation politique entre Sidya Touré et Cellou Dalein Diallo et les manifestations que l’opposition républicaine compte organiser les jours à venir. D’autres sujets d’ordre social comme les émeutes à Boké, ont garni le menu de cette rencontre.

Le FAD (Front pour l’Alternance Démocratique)

A un moment donné, les promoteurs de la mise en place du Front pour l’Alternance Démocratique (FAD), m’ont approché pour justement dénoncer ce qu’ils considéraient comme étant le monopole que l’UFDG avait sur les décisions de l’opposition républicaine. Ils estimaient qu’il fallait plus de démocratie au sein de cette opposition. Comme moi j’avais déjà pris cette position, ils m’ont surtout parlé aussi d’alliance électorale, ce à quoi je n’avais pas d’objection.

Mais s’il s’agissait maintenant de constituer un groupe dénommé le FAD pour un retour au sein de l’UFDG, eux ils n’ont qu’à le faire. Moi je ne suis pas en train de vaser de  gauche à droite. Tant que le processus décisionnel au sein de cette institution ne change pas, je garde mes distances.

Est-ce alors la fin du FAD ?

Moi j’étais absent, les décisions qui ont été prises ont été prises sans réellement me consulter. Chaque parti est libre d’adhérer à un groupe donné, mais normalement, on échange de points de vue sur les questions qui sont fondamentales. Vous avez le député Aboubacar Soumah aussi qui est absent, on se retrouvera lorsque tout le monde sera de retour au pays, pour tirer les leçons.

Ce qui est important c’est qu’il faut quand même une cohésion au sein de l’opposition. Vous n’aurez jamais une cohésion totale. Mais une cohésion pour aller aux élections, il faut travailler là-dessus.

Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, deux leaders irréconciliables ?

 Personnellement j’ai fait beaucoup d’effort pour un rapprochement entre l’UFDG et l’UFR, mais les changements que nous attendons, c’est pour l’ensemble du pays. On n’est pas là pour propulser nécessairement un individu. Mais on s’entend sur une plateforme, sur des orientations que nous devons suivre en tant qu’opposition pour le bien-être du pays…

Je crois qu’il y a des caractères qui sont irréconciliables. En politique on ne sait jamais. Mais de ce que j’ai vu, quand vous visez simplement à être président à tout prix, ça peut faire l’objet de beaucoup de blocages.

Travaillons d’abord sur la forme, sur la manière d’aller de l’avant. Ensuite on verra qui va se dégager pour être le meilleur représentant de l’opposition quant il s’agira des élections présidentielles.

Des manifestations de l’opposition républicaines…

 Quand vous n’êtes pas d’accord, vous êtes permis de manifester d’une certaine manière. Mais ça dépend de l’opportunité de tenir des manifestations. S’il faut tenir des manifestations chaque fois pour retomber au point de départ, ce n’est pas la peine. Je crois qu’avec la situation actuelle, il faut faire très attention. On a besoin de stabilité dans le pays. Et il faut que tous les acteurs politiques en tiennent compte pour que l’on crée le climat de sérénité et de paix, qui permettra au pays de s’attaquer aux vrais problèmes de développement. Nous appelons à ce que les élections locales se tiennent.

Nous, ce qui nous inquiète beaucoup, c’est de voir que l’opposition républicaine, s’est alliée dans une certaine mesure à l’exécutif pour se partager les ressources du pays.

Il y a l’exécutif qui est là, ils ont des gros pantalons, les poches pleines d’argent. Et ils en font ce qu’ils veulent.

Il y a l’opposition républicaine qui est là et qui dit qu’elle doit avoir sa part dedans. Voici que très malencontreusement, nous approuvons la mise en place d’un chef de file de l’opposition et on nous dit maintenant qu’on va affecter des ressources à ce chef de file de l’opposition. Normalement, tous les partis politiques se valent. Pourquoi voulez-vous que les ressources de l’Etat aillent à un parti et que les autres n’en bénéficient pas. Alors que lorsqu’il s’agit d’aller à la présidentielle, chacun paye sa caution. Ce n’est pas une façon équitable de mener les choses.

Des reproches à la loi de finances rectificative 2017.

Nous avons vu que les affectations initiales  qui avaient été faites pour plusieurs départements, ont subi  des modifications. Ce sont ceux qui sont responsables qui peuvent juger de la capacité de ministères à utiliser le budget qui leur est alloué. S’il y a des ajustements et qu’ils estiment que le budget ne peut pas être consommé, c’est tout à fait normal qu’on réaffecte ces ressources vers des départements qui en ont le plus besoin.

Une chose que nous remarquons cependant, c’est qu’il y a des départements régaliens qui ont tous reçu  une allocation supplémentaire de budget. C’est le cas de la Présidence, le ministère des Finances et le ministère du Budget. Par contre, vous avez des ministères clefs qui souffrent comme ceux   de la Justice, de l’Education ou de la Sécurité qui ont subi des coupes. Il faut bien qu’on nous explique pourquoi des ministères qui sont toujours en train de crier au manque de ressource, soient en deçà des 50% de consommation des budgets qui leur sont alloués. Six mois après, ils sont nettement en dessous des 50%. Donc il y a problème.

Pourquoi l’honorable Alpha Sila Bah, est non aligné à l’Assemblée Nationale ?

Je reste fidèle à moi même et à la ligne que mon parti s’est tracée. Ce qui m’importe, ce n’est pas de suivre comme des moutons de panurge dans un groupe parlementaire ou dans un autre.

Si nous estimons qu’il y a des décisions qui ne vont pas tout à fait dans le sens de l’intérêt général du pays, nous voulons pouvoir, en toute âme et conscience, nous prononcer par rapport par rapport à cela.

A suivre…

Thierno Amadou M’Bonet Camara

Commentaires

commentaires

Ajouter un commentaire

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

To Top