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Mamadi Kaba, président de l’INIDH : «les victimes du 28 septembre doivent cesser de compter sur notre soutien si…»

C’est sa première sortie officielle après la célébration du huitième anniversaire du massacre du 28 septembre 2009. Le Président de l’Institution Nationale des Droits Humains (INIDH), ne pas croit à la tenue d’un procès en Guinée en 2017 ou en 2018 pour tirer cette affaire au clair.

Aussi, il se dit choqué d’être désavoué par les victimes qui doivent donc cesser de compter sur le soutien de son institution si elles maintiennent leur position actuelle, exprimée par madame Asmaou Diallo, présidente de l’Association des Victimes, Parents et Amis du 28 septembre (AVIPA).

«Pendant que nous militons pour que le procès se fasse le plus vite ou que l’affaire soit transférée à la Cour Pénale Internationale (CPI), nous avons entendu les victimes prendre leur distance de nos positions. J’ai entendu la Présidente de l’AVIPA dire que la saisine de la CPI est un facteur de retard… Cela est un désaveu, les victimes ont désavoué la position de l’INIDH. C’est un peu choquant, mais puisque les victimes ont plus de droit que l’INIDH dans la conduite de ce dossier, nous ne pouvons être plus royaliste que le roi. Cela nous amène à nous refroidir un peu et à faire en sorte que la volonté des victimes soit faite jusqu’à ce que nous ayons la preuve que la position exprimée par la présidente de l’AVIPA n’engage pas toutes les victimes. Le jour où nous nous en rendrons compte, nous reprendrons notre bâton de pèlerin», a déclaré Mamadi Kaba.

L’AVIPA, poursuit-il, doit cesser de compter sur le soutien de  l’INIDH si l’alternative à la non-tenue du procès en Guinée consiste à saisir la Cour de justice de la CEDEAO. «L’INIDH ne se lancera pas dans cette aventure… Nous pensons que si la Guinée n’est pas capable de tenir le procès, il faut transférer l’affaire à la CPI », dit-il.

Malgré les multiples sorties médiatiques du ministre de la Justice, réaffirmant sa promesse d’ouvrir un procès avant la fin de l’année 2017, Mamadi Kaba se montre encore pessimiste.

«Aujourdhui il est évident qu’un procès ne peut pas s’ouvrir en 2017. Cela est désormais  une certitude mathématique. Maintenant, nous émettons le même doute pour l’année 2018 qui est une année fortement électorale. Je suis persuadé qu’il n’y aurait pas de possibilité  en 2018, que la Guinée se tourne vers un procès d’une très grande envergure alors que des élections déterminantes sont en cours dans le pays… Je ne doute ni de la volonté de M. le ministre de la Justice ni de la compétence du pool de juges, mais je doute des capacités générales de l’Etat guinéen à pouvoir organiser ce procès dans les plus brefs délais», conclut Mamadi Kaba

Le Président de l’Institution Nationale Indépendante des Droits Humains a fait ces déclarations le weekend dernier lors d’un entretien avec des journalistes de médias différents dans les locaux de Mosaiqueguinee.Com.

Thierno Amadou M’Bonet Camara

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