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Célébration de la journée mondiale des handicapés : Aly KOMANO, éprouve ses émotions et brise son silence

Le handicap est une déficience provoquant une incapacité, c’est aussi la limite des possibilités d’interactions d’un individu avec son environnement, menant à des difficultés physiques, psychologiques, intellectuelles, sociales.

C’est pourquoi depuis 1992, l’ONU, a consacré le 03 décembre de chaque année, pour célébrer la journée internationale des personnes handicapées à travers le monde.

À l’occasion de cette commémoration, la rédaction de mosaiqueguinee.com, a rencontré Aly KOMANO, victime de ce handicap, qui nous a fait part de ses émotions lors d’une interview accordée à notre rédaction ce dimanche 03 décembre.

Mosaiqueguinee.com : Dites-nous comment avez-vous contracté cette maladie ?

Aly KOMANO : Je suis diplômé sans emploi, actuellement à l’ISIC de Kountia. Diplômé en journalisme option, presse écrite et web. Je ne suis pas né comme ça, j’avais marché comme les autres, c’est un bon matin que je me suis retrouvé dans cet état quand mes parents et moi, étions en sierra Leone. J’avais un âge avancé, mais franchement, je ne sais plus quel âge j’avais.

Mosaiqueguinee.com : Ce handicap est chez certains, un frein à leur épanouissement, comment êtes-vous parvenu à relever ce défi ?

Je vais dire que mon père n’avait pas voulu que j’étudie. Pour un début, il m’a confié à un oncle paternel forgeron, mais mon rêve, c’était d’étudier. Donc, quand mon père partait au champ, je quittais clandestinement mon maître-forgeron pour aller m’asseoir avec mon ardoise que j’avais ramassée devant la classe où étudiaient mes camarades d’âge. Petit à petit, l’enseignant, M. Boniface Koundou TOLNO que je remercie aujourd’hui très infiniment, a commencé à s’intéresser à moi. Jusqu’en 4è année j’étais auditeur-libre en classe. C’est en 5è année que mon oncle maternel et cet enseignant ont forcé mon père de m’inscrire, il a accepté mais rejetant toutes dépenses qui adviendront.

Que signifie la célébration du 03 décembre chez vous ?

Le 03 décembre, journée mondiale pour les handicapées, est une journée de pansement de blessures infligées aux handicapées par des sociétés. Pour moi, c’est une journée nous permettant d’élever les voix vers les gouvernants, les ONG pour la défense et la protection de nos droits, qui sont bafoués à chaque minute. Les personnes handicapées sont mal traitées, seulement, elles ne disent rien. Dans les écoles, dans la rue, les lieux de travail, notre dignité est écrasée si vous me permettez l’expression. Les gens font semblant d’être à nos côtés, mais en réalité, ce n’est pas ça. Moi qui vous parle j’ai vécu et je vis cette histoire partout je suis passé. Nous sommes stigmatisés parce que tout simplement, nous ne sommes pas comme les autres.

Quel regard avez-vous face au traitement que subissent les personnes handicapées dans leur société, quels messages avez-vous à lancer ?

Lorsque quelqu’un a un handicap, dès qu’il se sent  »rejeté » par la société dans laquelle il vit, il va se mettre dans la rue pour mendier afin de survivre.  Mon message n’est autre que de nous aider à quitter la rue en créant des centres d’insertion sociale pour handicapés, lesquels centres seront gérés par les gens qui ont peur de Dieu et non ceux qui y viennent pour s’enrichir à partir des fonds alloués auxdits centres. L’Etat doit arrêter de distribuer de l’argent aux personnes handicapées et faire face aux problèmes saillants qui ne finiront que lorsque ceux-ci sont éradiqués. Comme le disait quelqu’un : « Mieux apprendre à quelqu’un à pêcher que de lui donner chaque jour du poisson frais’’.

Aux Etats !

Créez des conditions de vie meilleure pour nous afin que nous puissions éviter de mendier, car, avec la mendicité, nous ne pourrons pas contribuer au développement de nos nations.

Donnez des emplois à nous qui avons accepté d’étudier et terminer.

Créez des métiers pour nous qui n’avons pas eu la chance d’aller à l’école

Créez des structures pour notre insertion socioprofessionnelle et mettez à la tête de ces structures des personnes honnêtes et non ceux qui y viennent pour s’enrichir .

Malgré votre état actuel, avez-vous des projets que vous souhaiterez réaliser ?

Aujourd’hui, j’ai terminé mes études, c’est l’un de mes rêves, qui est ainsi réalisé. Quant aux projets, ils vacillent dans ma tête, je veux mettre en place un journal satirique que j’ai déjà commencé par  »ISIC-RIGOLO’, être un grand humoriste ou créer une entreprise (école) pour instruire les enfants, parce qu’un pays sans intellectuels est un monde d’animaux.

Interview réalisée par Kanté Mariam

 

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