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L’Ethno-militantisme guinéen : un jeu de dupe (Par Daouda Mohamed Camara)

Visiblement, être politicien en Guinée ne semble plus requérir ni de critère ni de vertu. En tout cas,  de ce que nous montrent depuis un certain temps, nos politicards, la vertu première pour être politicien en Guinée, demeure l’inconstance. Et lorsque je parle d’inconstance, elle fait et défait le paysage politique guinéen. Elle moule la nouvelle génération dans un suivisme cupide et vautour. Insulter pour s’affirmer. Mendier pour survivre et les salles d’attente des bureaux constituent pour eux ce qu’est la devanture d’une mosquée pour les aveugles mendiants.

Être en politique par conviction, c’est la constance

N’être porté que sur la conquête du pouvoir en éduquant les militants, c’est la constance

Être prêt à mettre la main à la poche pour dépenser pour la cause du parti, c’est la constance

S’acquitter de ses cotisations pour nourrir le parti, c’est la constance

Ne jamais dépendre du premier responsable du parti, c’est la constance

Rester fidèle  à l’idéologie du parti, même en n’accédant pas au pouvoir, c’est la constance

Résister aux tentatives d’achat de conscience, tant que  l’autre camp n’est pas de l’idéologie que je défends, c’est la constance ; etc.

La démocratie à la guinéenne, disait Fodé Tass Sylla de la Télévision Nationale, «est un mensonge collectif. Il s’agit, au fond de remplacer une ethnie par une autre ». Voilà notre alternance à la guinéenne.

Par manque donc de constance, les ‘’partis ethniques’’ sont devenus pour des petits malins, des refuges pour discrètement ou d’ailleurs en un laps de temps, s’enrichir. Leur tactique, partir d’une ‘’ethnie’’, pour atterrir dans l’autre estimée adversaire. Comme un étranger dans un village peul, l’aventurier ‘’ethno-politique’’ s’offre toutes les attentions possibles.

Par souci hypocrite de coller au ‘’parti’’ ce caractère multicolore ou national, voire  transversal, notre aventurier est managé par tous.

Pour preuve, qui peut dire avec exactitude, combien de fonds ont-ils été engloutis sans traces dans les opérations de célébration des fêtes tournantes de l’indépendance guinéennes ?

A Boké, il ne faut jamais perdre l’électorat de la Basse Côte. A N’Nzérékoré, la forêt est une région stratégique. A Mamou, il faut coûte que coûte maximiser les adhésions. A Kankan, là il faut tout faire pour maintenir le bastion, même s’il est estimé imprenable.

Combien naviguent aujourd’hui entre l’Union des Forces Démocratiques de Guinée et le RPG-Arc-En-Ciel ?

Puisque le jeu est  favorisé  dans les ‘’partis ethniques’’, les esprits malins y trouvent bien leur terrain de gymnastique politique. Où est alors la conviction politique qui permettrait un combat politique franc et sincère ??

Pour être bon politicien en Guinée, il est plus que jamais indéniable qu’il faut en être affairiste et insolent.

Tous oublient que nos politiques sont comme des taxi-villes. Vous intéressez tant que vous êtes à la plaque. Et une fois embarqué, vous ne valez plus rien.
Daouda Mohamed Camara
Journaliste Analyste Politique

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