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Bilan d’Antonio Souaré à la Feguifoot : Le constat de Sega Diallo

Sega Diallo, journaliste sportif et animateur de l’émission  » Football Factory  », a, dans un entretien accordé à nos confrères de la radio City fm, parlé de la gestion de Salifou Camara super V à la tête de la Fédération Guinéenne de Football (FEGUIFOOT). Il a aussi répondu à des questions sur le changement observé au niveau de ladite structure avec la présidence de M. Antonio Souaré.

Diallo, le 28 février dernier, l’équipe de Mamadou Antonio Souaré élue il y’a une année a fêté son premier anniversaire à la tête de la fédération guinéenne de football. Avant de parler du bilan de cette équipe, il serait bon de faire une rétrospective, pour un peu nous rappeler dans quelles conditions cette équipe a été élue en 2017 ?

Merci. On sait qu’en 2015, il y a eu une élection, Salif Camara Super V a été élu et a été soutenu pratiquement par l’ensemble des acteurs, notamment Antonio Souaré qui avait appelé à voter pour lui. Assez rapidement dans l’équipe fédérale, on se rend compte qu’il y’a des problèmes entre le premier vice-président, Amadou Diaby et le président Super V. Et de fil à aiguille, le nombre de mécontents dans l’équipe fédérale augmente et ils atteignent 11. À un moment le président de la fédération prend la décision de suspendre le secrétaire général Barry Blasco. À partir de là, les 11 décident de le suspendre lui aussi à son tour. La FIFA intervient sur le monde de la fédération à la demande du ministère des Sports. Elle vient essayer de faire une conciliation entre les acteurs. Ce qui ne marchera pas. Puis, ça sera la mise en place d’un comité de normalisation. Le comité de normalisation aura pour objectif de retravailler les textes et les modes conformes aux statuts de la FIFA et de la CAF. Ensuite, organiser une élection. Lors de ces élections il y avait deux candidats, l’ancien président et Antonio Souaré auquel un certain nombre d’acteurs du football avaient demandé de se présenter. On sait ce qui s’est passé lors de ces élections. Super V n’a pas fait long feu. Il avait mis sur l’argumentation sur des récriminations et des plaintes qu’il avait déposées à la FIFA par rapport à l’éligibilité comme président d’Antonio Souaré. Ce qui a été débouté après les enquêtes de la FIFA. Donc ayant été débouté sur ce terrain-là puisqu’il estimait qu’il était le seul à candidater, il n’a pas pu faire le poids. Il n’a obtenu que deux voix si je me rappelle bien lors de cette élection.

Donc, la nouvelle équipe arrive après une très longue crise de près d’une année et qui a fatigué le football guinéen. Parce qu’on sait qu’on avait déjà des difficultés et après quand était en place au comité de normalisation, cette structure n’a pas les mêmes prérogatives qu’une fédération normale. Alors dans le fonctionnement, ils ont fait le minimum et la fédération actuelle arrive à la suite de cela.

On sait que le comité de normalisation, équipe de transition, avait pour tâche principale le toilettage des textes de la FEGUIFOOT et déterminer qui, désormais, peuvent être électeurs et éligibles ?

Il y avait beaucoup de verrous qui étaient subtilement distillés dans les règlements de la fédération guinéenne de football. Ces verrous étaient contraires aux règlements et textes statutaires de la FIFA ou de la CAF. Donc, il était tout à fait logique qu’à un moment donné que des anciens footballeurs, que des membres d’associations de médecins sportifs, d’anciens arbitres puissent prendre part et être acteurs de ce football. On avait une de ces astuces qui disaient quand on a pas dirigé ou quand on a pas été dirigeant d’un club de football pendant 4 ans, on ne peut pas se présenter à une élection à la fédération. Cette disposition a sauté à cette occasion là et a permis aussi d’intégrer parmi les électeurs, les associations d’anciens footballeurs et des anciens médecins sportifs. Toutes ces structures-là qui sont des acteurs du football, maintenant participent à l’élection du président et des membres du comité exécutif de la fédération.

Ce comité avait été perçu par ses détracteurs comme une sorte de cheval de Troie qui était plutôt à la solde d’Antonio Souaré et qui aurait permis de le faire élire. Salif Camara Super V avait parlé de cas de corruption, ça avait fait beaucoup de bruits dans les médias. Vous, en tant qu’acteurs du monde footballistique, vous étiez là à l’époque. Est-ce que ces polémiques avaient leur raison d’être ?

Je pense que quand on est dans le milieu du football, on connaît un peu l’argument qu’utilisent les acteurs du football quand ils sont en difficulté ou quand ils sont en position de faiblesse. Le milieu du football guinéen n’est pas un milieu facile ou tranquille, il y a des difficultés. Mais l’argumentation selon laquelle c’est un comité qui avait été mis en place pour être un fer de lance pour Antonio Souaré ne peut pas tenir. Dans la mesure où cette équipe a été mise en place après des concertations avec la FIFA et la CAF sur place, des autorités gouvernementales, du camp de Salif Camara super V et du camp des frondeurs. C’est suite à un compromis que l’équipe a été établie. Chacun a été représenté dans l’équipe. Le gouvernement a recommandé un certain nombre de personnes. À partir de là, qu’une liste d’une vingtaine de personnes qui étaient consultées, au finish, on est arrivé à sept (7) noms que la FIFA a retenus pour piloter le projet. C’est à dire, à un moment donné si on estime que l’équipe a, d’une manière ou d’une autre, essayé d’aider Antonio mais cette équipe, elle dépend de la FIFA. Elle a été installée par la FIFA. Le fonctionnement dépendait uniquement de la FIFA. Pourquoi ne pas attirer l’attention de la FIFA sur ces agissements là en amont ? Parce qu’on ne peut pas attendre la fin des élections et avoir perdu avec un score qu’on sait et dire qu’il y a eu corruption. Salif Camara avait été accusé d’avoir corrompu des gens pendant son retour face à Biro. C’est un fait qui est général. C’est à dire que ces accusations sont récurrentes. Comment Salifou peut, en tant qu’ancien président, ne pas avoir la possibilité de saisir les instances internationales en amont pour dénoncer les agissements, ça c’est un fait. C’est à dire qu’ils ont eu 9 mois pour organiser ces élections. Pendant ce temps, il y a eu un processus et un travail qui ont été faits.

On a même entendu dire que Antonio Souaré avait bénéficié d’un soutien du palais présidentiel et de son locataire ?

Ça ce sont des discours. Aujourd’hui, on peut quand même se poser des questions dans ce pays. C’est à dire que Salifou est quelqu’un qui est proche du président de la République. Ils ont eu une histoire personnelle à un certain moment de la vie qui fait qu’aujourd’hui pour quelle raison quelqu’un d’autre que lui peut diriger le football. Parce que le Chef de l’État a essayé deux à trois reprises de jouer à la conciliation. Il a invité les acteurs dans son bureau. Il est intervenu pour qu’il y ait un changement dans l’attitude de Salifou Camara. Ce que les collaborateurs de Salifou lui rapprochent c’est sa façon cavalière de gérer le football. Il décide seul, pas de réunion, pas de consultations et il va juste qu’à priver de bureau son vice-président. C’est à dire que pour lui, il est le seul qui doit avoir le bureau à part le secrétariat général. Tous les autres doivent être des bénévoles qui viennent juste pour faire de la figuration.

Le président a pris l’initiative d’inviter tout le monde dans son bureau, une, deux, trois, quatre fois sans résultat. À partir de là, puisqu’il n’a pas le droit d’interférer dans la gestion du football, personne ne peut estimer que la suspension de Blasco qui amène à la suspension de Salifou est du fait du président de la République. C’est une décision personnelle de Salifou Camara. Sans cette suspension, je pense qu’il y aurait eu des problèmes mais peut-être qu’il serait encore aujourd’hui président de la fédération. Il ne faut pas oublier comme on dit dans l’adage populaire  » il ne faut pas oublier là où on tape le pied pour regarder là où on tombe  ». Salifou a été victime de lui-même. Malgré toutes les critiques, il a eu le soutien des autorités, jamais une autorité n’a ouvertement critiqué Salifou Camara. Un président de la fédération qui passe tout son temps à l’étranger, pas de réunion, pas de consultation. Il faut à un moment donné se regarder un peu.

On dit que le président de la fédération est le principal pourvoyeur de la FEGUIFOOT. Qu’est-ce qui justifie que les fonds alloués à la fédé auront une transparence, une visibilité dans ses opérations. Parce que c’est Antonio qui finance tout, qui est en même temps le président de la fédération. Quelque part est-ce que quand les fonds viendront de l’autre côté de la FIFA ou des sponsors, il ne va pas faire main basse sur l’argent ?

Nous, on est des journalistes. On a peut-être le devoir de nous poser des questions mais on a aussi le devoir d’avoir une vue sur ce qu’on appelle une procédure. Une procédure dans une institution, elle est établie. La fédération a son fonctionnement. Pour faire une dépense, il y a des processus, tant que ces processus sont respectés, nous ne pouvons parler de détournement.

Si la fédération guinéenne de football surfacture sur quelque chose, les auditeurs de la FIFA et les cabinets indépendants viendront auditer. On voit ce qui se passe aujourd’hui avec Salifou Camara. Tu prêtes de l’argent, si tu respectes la procédure tu peux te faire rembourser. Si tu ne respectes pas la procédure, c’est aussi simple que ça. Tu ne seras pas remboursé. Mais c’est ton argent, que ce soit l’argent de Antonio Souaré, d’Amadou Diaby ou de Thierno Abdoulaye, si tu n’as pas respecté la procédure tu ne seras remboursé.

Les caisses de la fédé sont différentes de ta poche. Ton argent personnel, tes deniers personnels, tu peux les utiliser comme tu veux. Mais si tu espères ou tu comptes te faire rembourser par la fédé, il faut que le comité exécutif ait approuvé la demande de prêt. Que le besoin ait été décidé en comité exécutif, et que la demande soit adressée en suivant la procédure. Le comptable ne peut pas se lever et aller dire qu’on a besoin de faire ça, tu prends l’argent tu lui donnes, il te fait une décharge et que ça te serve de justificatifs. Je vais vous dire quelque chose, le tout n’est pas d’avoir de l’argent ou de mettre de l’argent, il faut que l’argent serve au développement. Il ne faut pas que des intermédiaires dans le système s’enrichissent aux dépens de l’institution et du football. C’est ça l’inquiétude de la FIFA. De ce point de vue-là, je pense que les autorités actuelles ont compris cette politique-là.

À vous entendre, vous êtes en porte à faux avec les différentes sorties de M. Amadou Diouldé Diallo, ancien directeur de la communication de la fédé, qui disait que M. Souaré gérait cette institution comme une épicerie ?

Je ne vais pas commenter les propos de M. Diouldé pour une simple raison. Ces propos, pour moi, ne partent pas d’un bon fond. C’est-à-dire que je peux comprendre que n’importe quel journaliste ou n’importe quel citoyen puisse s’expliquer. Mais quand ça devient une question de personne, moi je ne fais pas un débat de personne. Mon objectif, c’est de débattre, de montrer quelles sont les avancées mais aussi quelles sont les difficultés de cette fédération et quels sont ces problèmes auxquels il faut faire face.

Quand vous dites que c’est une épicerie. Une épicerie, elle appartient à une personne, ce n’est pas une association. La personne décide à quel prix il vend ses produits. Qu’est-ce qu’il y a à vendre à la fédération ? Rien. Mais les réunions du comité exécutif servent à quoi ?

On pense que Antonio décide tout seul puisque c’est lui qui injecte son argent en attendant que des fonds viennent de la FIFA ?

Vous avez une équipe fédérale qui est composée de 15 personnes, jusqu’aujourd’hui je n’ai entendu aucun membre de la fédération tenir de tels propos. Je n’ai jamais participé à une réunion de la fédération guinéenne de football. De ce point de vue-là, moi un acteur à l’extérieur, je ne peux rien vous dire. Et Amadou Diouldé, même en qualité de directeur de la communication n’a pas droit de participer à une réunion du comité exécutif.

Il voudrait parler de ses voyages, partout où M. Antonio est, tout le monde le suit ?

Je suis d’accord avec vous. Et là de ce point de vue-là, je vais justifier pourquoi M. Diouldé tient ces propos. Ces propos sont dirigés vers une certaine catégorie de personnes. Et pas que du milieu du football, principalement des journalistes. Des gens qui oeuvrent dans ce domaine depuis une dizaine d’années et qui ont une légitimité. Sega Diallo est quelqu’un de légitime aujourd’hui pour parler du football guinéen. Parce que je suis là bien avant beaucoup de monde. Je ne sais pas s’il y avait cinq membres actuels de la fédération dans le football, au moment où j’adhérais à ce football. Les rapports personnels de M. Souaré avec des journalistes, avec des jeunes, qu’il fait voyager de sa poche. Parce que encore une fois, moi Sega Diallo, je n’ai jamais bénéficié d’un voyage de la fédération guinéenne de football. Je peux citer une dizaine de journalistes ici. C’est le cas de Bah Lamine, de Lamine Mognouma Cissé, qui n’ont jamais bénéficié d’un voyage de la fédération en tant qu’institution. Ça fait 5 ans qu’on collabore avec les entreprises de M. Antonio Souaré. Ses entreprises sont mes sponsors principaux. J’ai commencé avec Rio Tinto, ensuite avec Sable Mining. Par après GBM nous a rejoint à travers Guinée Games. En quoi le fait que moi Sega, je voyage, parce que j’ai un projet qui a plus à une entreprise, je vends son image, peut déranger M. Diouldé Diallo. J’aime vous dire une chose, le football est un  » entertainment  ». Depuis la création de l’émission football factory, il y a avant cette émission quee journal ‘ le foot mag ‘, que je distribuais gratuitement. Je fais partie de ceux qui ont travaillé, qui ont concouru avec des jeunes et des personnes âgées, qui se sont dit à un moment, il faut qu’on y aille. Il faut qu’on touche le football pour qu’il remonte.

Aujourd’hui, on parle d’un bilan d’une année, mais quel bilan fait-on de 10 ans de gestion de Salifou. Aujourd’hui, on a des ambitions parce qu’on espère plus. On attend plus de cette équipe.

 

Une synthèse de  Mamadou Alpha Baldé in L’Indépendant

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