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Chérif Bah, vice-président de l’UFDG : «resteront ceux qui ont un idéal, ceux qui ne cherchent pas à se vendre» (Interview)

Suite à la nomination des membres du nouveau gouvernement, particulièrement marquée par l’entrée de deux opposants et le choix porté sur Kassory pour le poste de Premier ministre, le vice-président de l’UFDG, Chérif Bah, a accordé un entretien à la rédaction de Mosaiqueguinee.Com.

L’ancien gouverneur de la Banque Centrale, ancien professeur du tout nouveau Premier ministre qui sera ensuite son collaborateur dans le pool  financier du gouvernement, s’est exprimé sur le débauchage des leaders des NFD et de l’UFC, la reconduction du ministre en charge de l’Administration du Territoire, et les travaux du comité de suivi de l’accord du 12 octobre en panne.

Avec Chérif Bah, que nous avons interviewé à son domicile à Lambangny (une demeure que chacun aimerait avoir pour soit), nous ne pouvions pas ne pas parler de Kassory Fofana, et des premiers pas de ce dernier dans ses nouvelles fonctions de chef du gouvernement.

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Mouctar Diallo et Aboubacar Sylla, deux députés élus sur la liste de votre parti, l’UFDG, ont rejoint le gouvernement, comment réagissez-vous face à cette situation ?

Ils ne sont plus opposants depuis longtemps, en tout cas nous opposition, ils nous avaient quittés depuis longtemps. Certainement, cette nomination qui est arrivée ces derniers jours est la résultante d’une situation très longue sur les mois et années passés

Ils sont partis, ils sont leaders de partis politiques, ce que nous en tant qu’opposition nous allons faire, c’est de faire en sorte que les militants qui sont déçus chez eux viennent chez nous. Certainement, il y a des militants qui considèrent qu’ils ont été utilisés comme tremplins par leurs dirigeants pour avoir le pouvoir, pour être Premier ministre ou pour avoir des avantages avec le pouvoir en place. Certainement, de nombreux militants sont déçus chez eux, nous les appelons à venir à l’UFDG. Parce qu’à l’UFDG c’est la solution dans laquelle, il y a la constance dans l’opposition.

Certains parlent d’isolement de l’UFDG. C’est quand même le porte-parole de l’opposition et un autre leader aimé qui partent.

Non, l’UFDG n’est pas isolée. L’un est un ancien porte-parole. Makanéra fait ce travail depuis plusieurs mois maintenant. Comme je vous l’ai dit, ces deux dirigeants de partis politiques avaient saboté une marche que nous organisions.

Ils ont même appelé à boycotter la marche. Mais qu’est ce qui s’est passé ? Nous avons fait la marche plus grandiose qu’avant. Cela a montré que leur appel n’a pas été entendu, et qu’ils n’ont pas de militants pour saboter notre marche. Donc cela ne nous gêne pas du tout qu’ils partent, ils ont choisi de collaborer avec le gouvernement qu’ils ont critiqué sévèrement dans le passé. Ça, ça manque de constance et de rigueur…. Ces nouvelles nominations vont clarifier les choses. Resteront ceux qui ont un idéal, ceux qui ne cherchent pas à se vendre, ceux qui combattent pour des valeurs comme le dit souvent notre président Cellou Dalein Diallo.

Kassory Fofana à la Primature, vous avez dû le connaitre, vous rassure-t-il ?

D’abord, je l’ai connu en tant qu’étudiant. J’ai enseigné dans leur classe dans les années ‘’70’’ et je l’ai connu en tant que collaborateur à deux niveaux. Au niveau de l’équipe économique du gouvernement en tant que collaborateur principal pendant quatre ans. J’étais gouverneur de la BCRG, lui il était ministre des Finances. Donc, je le connais bien. Il a un potentiel, il peut réussir si on le laisse travailler. Mais à travers ce que je vois, je vois une difficulté…

Le Premier ministre et les autres membres du gouvernement étaient à la Cour constitutionnelle pour la déclaration de leurs biens, qu’en dites-vous ? 

Oui c’est une première, car on n’avait jamais vu ça. C’est quand même un bon exemple qu’il est en train de donner, qui montre que certainement, il va faire du changement dans la manière de faire, de gérer ce pays. C’est-à-dire, certainement, il est en train de faire en sorte que la loi soit appliquée. S’il réussit à le faire, c’est un très grand pas.

Que dites-vous de la reconduction du ministre de l’Administration du Territoire, Bouréma Condé ?

Dans ce gouvernement, il n’y a pas de changement. Vous verrez que tous les postes de souveraineté, là où il y a l’essentiel des pouvoirs de l’Etat, sont concentrés dans les mains du RPG, plus maintenant d’autres postes importants touchant les finances de l’Etat. Je ne vois pas de changement dans ce gouvernement. J’espère seulement que l’opposition a eu confiance en lui (Bouréma Condé Ndlr), en le laissant présider le comité de suivi pour la mise en oeuvre des accords. Ces derniers temps, nous avons compris qu’il ne faisait plus son rôle d’arbitre, il prenait des positions ouvertement, en dehors des réunions, dans la presse, sur des sujets en discussion au niveau du comité de suivi.

Il a manqué à son devoir, c’est tout ce qui nous a amenés au blocage et a amené les Ambassadeurs à s’en mêler pour trouver des solutions pour nous. Je souhaite qu’il continue à travailler mais conformément à ce qui a été convenu.

On sait que le contentieux électoral est toujours d’actualité, même si vous avez suspendu vos manifestations, on sait aussi que des diplomates ont démarché Cellou, où en sommes-nous ?

C’est vrai, les diplomates ont démarché parce qu’arriver à un moment, entre nous opposition, gouvernement et mouvance, c’était un langage de sourds. On ne se comprenait plus parce que face à nos doléances documentées par des données et des chiffres réels, le RPG et son gouvernement étaient dans l’arrogance, dans l’insolence, dans le déni… le dialogue était rompu. Ce qui fait que les diplomates, qui étaient observateurs, sont devenus des observateurs actifs, ils sont en train de trouver des solutions, ils ont fait des propositions. A mon avis, à l’heure actuelle, ils sont en train de se consulter au niveau informel, au haut niveau. L’opposition républicaine a donné mandat au président Cellou Dalein Diallo, s’il est contacté par les ambassadeurs, de continuer les contacts informels et de rendre compte. Nous voulons des solutions, parce que nous savons que nos conseillers élus ont été réellement élus, ils veulent être installés. Ce n’est pas du tout l’opposition, c’est le gouvernement qui sabote cette installation, qui refuse des solutions.

C’est cette CENI qui nous a mis dans tous ces problèmes. Elle a refusé de jouer son rôle républicain, le rôle que la constitution lui confère. Parce que jusqu’au moment où les résultats sortaient des CACV, les magistrats qui sont là, étaient sous la coupe de la CENI et de son président. Ils peuvent à tout moment corriger parce qu’il y avait tous les documents y afférents pour le faire. Mais ils ne l’ont pas fait. Cette CENI nous a plongés dans une crise, elle a été vraiment irresponsable.

Interview réalisée par Thierno Amadou M’Bonet Camara

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