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Escroquerie et arnaque à Cosa : Sur les pas d’un marabout féticheur

A quelques mètres du rond-point Cosa, situé dans la commune de Ratoma, un marabout expose à ciel ouvert des papiers qui contiennent des figures géométriques et autres dessins.

Ce n’est pas de la science qui s’y trouve, ce sont des figures mystiques et incantatoires destinées à influencer la vie de ses semblables.

Ce marabout vend donc de l’illusion à des hommes et femmes qui y viennent pour consulter sur des faits qui relèvent du quotidien, et qui concernent des événements heureux ou malheureux.

Notamment forcer un mariage, ramener la concorde ou provoquer le désaccord, recevoir de l’argent. Bref, avec une fine psychologie, il exploite l’incrédulité des citoyens, à  longueur de journée.

« Si tu veux rendre une femme amoureusement folle de toi, tu écris le nom de la femme entre le carré qui est ouvert dans le papier. Ensuite tu fais plier ce papier et tu l’enveloppes dans un cuir, tu le mets dans ta poche, elle finira par te suivre forcément, je vends le papier à 10 000 gnf», explique-t-il à un jeune passant, fasciné par le vieux marabout, aux abords de la route.

Ce même vieux Karamoko sème la dissonance chez certaines familles, et fait asseoir un climat de méfiance entre cohabitants, a-t-on appris.

« Je fais des consultations et je donne des médicaments. Si une proche de ta famille tente de te marabouter, il y a des parents qui empêchent la fortune, moi je peux enlever tous ces maux. Si vous voulez aussi être riche, il faut utiliser cet autre papier, réécrire son contenu sur une planchette et se laver avec pendant 7 jours. Ensuite vous faites un sacrifice de 10 colas, vous donner à un albinos », tente-t-il de convaincre un groupe de jeunes.

Aux abords de cette route, à Cosa, aller chez ce marabout est devenu un sport chez ceux et celles qui sont préoccupés pour des histoires de couple ou de fortune.

Des femmes y viennent pour chercher à faire ingurgiter des produits à leurs maris, certaines pour leurs copains.

Tout comme d’autres jeunes, y viennent pour tenter de rendre follement amoureuses leurs épouses. Et le business du vieux se porte bien.

« On m’appelle de partout pour faire des consultations, parfois je ne travaille pas à Cosa. Ce sont mes papiers-là qui me permettent de faire vivre ma famille », nous confie-il.

Comme pour dire que ce travail de féticheur, a de beaux jours devant lui, du moins chez les vendeurs d’illusion sur la route, à Cosa.

 

Saidou Barry

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