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Insalubrité et risque sanitaire à Conakry : Zoom sur le dépotoir de Cosa

 

Parmi les nombreux dépotoirs de la capitale guinéenne, celui qui se situe entre Bomboli et Cosa dans la commune de Ratoma, est le plus célèbre. En plus des automobilistes qui s’en plaignent, puisqu’une bonne partie de la route à ce niveau est souvent envahie par les ordures, il y a la population riveraine qui s’en plaint.

Cette semaine, un reporter de Mosaiqueguinee.com s’y est rendu pour en savoir davantage.  Cette femme de ménage rencontrée non loin du dépotoir est bien consciente du risque de maladie auquel elle et d’autres s’exposent.   Mais, elle nous confie qu’elle n’a pas le choix puisqu’elle n’a pas où aller.

Sur les lieux, on rencontre des jeunes  dont l’âge varie entre 15 et 25 ans. Ils y passent l’essentiel de leur temps à chercher de quoi vivre. «Nous sommes là pour chercher de quoi acheter le petit déjeuner et autres besoins primaires.  Quand les charretiers  viennent, nous les aidons à débarquer afin que nous puissions chercher dans des sacs d’ordures des objets comme les boites de jus, des bidons vides, des chaussures ou autres objets qu’on peut revendre après», nous confie un d’entre eux. Insouciants pour la plupart, ils ne tiennent pas compte des risques de maladie. Ils ne sont munis pratiquement pas de matériels de protection.

En notre présence, un tricycle chargé d’ordures arrive pour décharger des ordures. Almamy Sylla en est le conducteur. Selon ce jeune, il ne bénéficie d’aucun accompagnement de la part des autorités.

«Ce qui nous revient, c’est de collecter les ordures auprès des ménages et de les transporter au dépotoir. Arrivé ici, on laisse les petits se charger du reste pour que chacun de nous puisse gagner quelque chose… Nous ne bénéficions d’aucun appui de la part des autorités », explique-t-il.

De l’autre côté de la rue, sur la voie menant à Bambéto, sont alignées des boutiques et un kiosque à café.  Le gérant nous confie qu’il n’a plus à dire sur ces ordures. «On a tellement dénoncé dans la presse la triste réalité qu’on vit ici, qu’on n’a désormais plus rien à dire. Chaque semaine il y a au moins un média qui nous tend son micro pour nous demander la même question. Et il n’y a aucune action positive après», se lamente-t-il d’une voix désespérée.

Aux alentours de ce café, en plus de l’odeur et des mouches en provenance du dépotoir voisin, il y a des ordures abandonnées là depuis le dernier curage des caniveaux.

Mohamed Nana BANGOURA

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