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Trafic de drogue/La Guinée, zone de transit : entretien exclusif avec le patron de l’Office Central Anti-Drogue

Dans un entretien exclusif qu’il a accordé ce weekend à la rédaction de Mosaiqueguinee.com, le Lieutenant-Colonel Farimba Camara, Directeur de l’Office Central Anti-Drogue (OCAD), accepte d’aborder les questions liées à la lutte contre la drogue en Guinée. Interview.  

Quel regard portez-vous sur la libération fréquente de présumés narco-trafiquants par la justice ?  
La justice est l’organe suprême de la scène de répression. Quand il y a une infraction constatée, l’officier de police judiciaire montre ses constatations. Il parvient à interpeller les personnes et transfert le dossier au procureur.

Mais entre les opérations de constatation et le dépôt de la procédure sur le trafiquant au procureur, s’il y a des éléments ratés, il y a vice de forme, et la justice ne pourra pas condamner le trafiquant. Et malheureusement, les gens diront que la justice a libéré le narco trafiquant alors qu’on lui a donné un couloir de sortie.

L’officier de police judiciaire qui croit avoir bien monté la procédure, ne se rend pas compte qu’il l’a mal montée. Donc pour lui, il a envoyé un narco en prison.  

J’avais demandé à un conseillé français des conseils pour éviter les vices de forme, et depuis que je suis là, aucune de nos procédures n’a été mis en cause. Et tous les narcos que j’envoie en prison sont condamnés. Et à la fin de l’année, les tribunaux me renvoient les fiches des procédures. C’est-à-dire les affaires traitées et les affaires en attente.

La Guinée est-elle une plaque tournante ou une zone de transit de la drogue ?

Ce sont des trafics à caractère international, la Guinée n’est pas une plaque tournante, c’est une zone de transit. Des trafiquants nous disaient dans leurs narrations qu’ils ne venaient pas en Guinée pour vendre, c’est pour passer.

Les narco-trafiquants sont organisés et ils utilisent des technologies très modernes pour ne pas être identifiés et pour pouvoir faire traverser leurs marchandises prohibées (cocaïne et autres drogues) .

Mais par les canaux d’information sur une scène de répression, nous parvenons à mettre main sur eux. Pour cette période de trois mois, nous avons réussi à interpeller deux Nigérians et trois Bissao guinéens en provenance du Brésil.

Il n’y a pas que le service du colonel Moussa  Thiegboro qui fait cette lutte. Les statistiques de saisi qui sont à ma portée sont purement sectorielles. La Gendarmerie saisit, la police saisit, et la Douane saisit. A la fin de l’année, les services peuvent m’envoyer ces statiques parce que mon service est le service fédérateur pour les institutions internationales en matière de saisie de drogue.  

Je récupère les statistiques de tous les services pour pouvoir communiquer. Mais à présent, ce que moi j’ai à mon niveau, c’est une saisi purement sectorielle.

Comment la Guinée est-elle tombée dans la consommation des drogues comme le cannabis ?

Jusqu’en 1989, quand la guerre se déclenchait au Liberia et en Sierra Leone, 80 pour cent des jeunes guinéens ne connaissaient pas la drogue. Depuis que la Guinée a reçu par hospitalité les refusés en leur donnant des zones d’hébergement, voilà comment la jeunesse guinéenne a appris à fumer de la drogue. Et les zones qui hébergeaient ces refusés étaient propices et ils ont expérimenté la culture du cannabis, et c’est comme ça que c’est parti.      

Interview réalisée par Saidou Barry

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