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L’enseignement coranique sur les planches : une tradition religieuse qui résiste

Aussi bien les matins que les soirs, des d’enfants viennent de tous les horizons, pour rallier un coin à la Carrière, situé dans la commune Matam.

C’est quotidiennement un rassemblement peu ordinaire dans ce coin. Il s’agit d’une école coranique traditionnelle.

Comme à son habitude, le maitre des lieux, prend le saint coran, ouvre la page d’une sourate et avec une plume qu’il trempe dans l’encre, il écrit patiemment sur une planche à l’aide de laquelle les enfants apprennent et récitent des versets de plusieurs sourates.

Les apprenants, garçons et filles, assis à même le sol, entonnent des versets coraniques.

Si cette forme d’enseignement coranique sur les planches, tend à disparaitre dans les foyers musulmans, ce maitre coranique, continue à croire en cette identité religieuse remarquable.

« C’est une valeur africaine et religieuse. Depuis mon enfance j’entendais mon papa dire que son grand-père implorait le Tout-puissant Allah pour que ses fils et petits-fils, ne laissent pas le feu de cet enseignement s’éteindre. Il s’agissait du feu avec lequel ils lisaient le saint coran au village. Et moi aussi depuis mon enfance, j’entendais mon père reprendre la même demande à ses fils.  C’est-à-dire que la bénédiction soit sur nous les enfants qui vont emboiter le pas », nous explique Bah Abdramane, diplômé et maitre coranique, assis devant les enfants, le coran en main.

Continuant ses propos, il renchérit : « j’ai commencé ici avec trois enfants, au fur et à mesure que je continuais, j’ai eu parmi les réguliers plus de 100 enfants. Ce n’est pas une tâche facile, mais comme on s’engage à contribuer dans le jardin d’Allah, on surmonte ces difficultés. Nous conseillons aux enfants de porter des habits décents, et nous les surveillons dans la lecture du coran », affirme-t-il.

Et d’ajouter que l’enseignement scientifique et celui coranique, peuvent être compatibles : « Je suis un laborantin, j’ai obtenu mon diplôme à l’université Gamal, j’ai travaillé dans une clinique, mais ça ne m’empêche pas de renouer avec ma tradition et enseigner aux enfants, la parole d’Allah ».

Il faut noter que cette forme d’enseignement coranique sur les planche, date des temps immémoriaux en Guinée.

Cependant, elle tend à disparaitre depuis l’avènement des écoles modernes, communément appelées ‘’MEDERSSA’’.

Pour rappel, le gouvernement de l’ancien premier ministre Lansana Kouyaté, avait proposé des soutiens aux écoles coraniques traditionnelles, qui participent à l’éducation.

Saidou Barry

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