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Une journée d’horreur à Mandiana (le film d’une manifestation réprimée dans le sang)

Quelques heures avant la marche pacifique réprimée dans le sang à Mandiana, personne ne pouvait penser à ce scénario regrettable, surtout avec une préfecture dont le seul slogan est le triomphe du RPG.

Elle a pourtant bien été meurtrière, cette marche pacifique organisée par les jeunes de cette préfecture.

Des jeunes qui ont agi ainsi, pour rappeler au président de la république ses promesses non tenues.

A l’arrivée, un jeune d’une trentaine d’années est mort et sept autres blessés. Ils ont été tous atteints par des balles tirées à bout portant.

Les promesses non réalisées en faveur des populations de cette zone s’accumulent.

Ces inconditionnels du parti au pouvoir s’étonnent d’être la risée du pays, claironnent-ils, en manquant de tout (routes, eau, courant…).

Ils ne cachent pas à cet effet leur déception d’avoir le sentiment d’être méprisés par le régime de celui pour qui, ils ont donné leur cœur, ce, depuis les années d’opposition de ce dernier.

Le déclic qui a écourté la longue patience des jeunes de Mandiana, les projections à court terme, faites dans le domaine TP et les signatures des contrats de construction des routes, qui n’ont nullement tenu compte de leurs préoccupations.

Nulle part, se lamentent les jeunes de Mandiana, la construction de leur route, n’a été indiquée.

« C’est là où l’on a compris qu’ils sont en train de nous tromper avec des discours mensongers », se sont-ils plaints.

C’est ainsi, le jeudi 13 septembre, ils organiseront une réunion, au cours de laquelle, ils décideront de marcher pour sonner la fin de leur impatience.

Les autorités locales informées par les jeunes de leur décision, tenteront de les en dissuader, mais en vain.

Contre la volonté de celles-là, la marche aura lieu le lendemain vendredi 14 septembre.

Des manifestants en colère, scandant des propos hostiles au Président de la république, quitteront Mandiana1 dans le but de parader dans toute la ville.

Du quartier Odiala au centre-ville, les manifestants seront stoppés par des pickups remplis de bérets rouges, annoncent des témoignages indépendants.

Ces-derniers sans sommation, tireront sur la foule en colère, précisent-ils. La colère des marcheurs s’amplifiera. Ils s’ébranleront vers le domicile du préfet qu’ils trouveront absent.

Sur les lieux, le seul véhicule garé dans la cour, sera mis à feu. Là-bas aussi, interviendront des gendarmes qui, à leur tour, tireront sur la foule, d’après les mêmes témoignages.

Et c’est aussi là-bas que le pire scénario va se produire avec la mort d’un jeune natif de la sous-préfecture de Sansando, il était donc 13h.

« C’est un gendarme du nom de Vandam, très connu à Mandiana, qui a tiré sur notre ami qui est mort de ces blessures », témoignent des jeunes manifestants que nous avons contactés.

A l’heure du bilan le soir, les organisateurs font le décompte macabre et consolent les familles meurtries par ce qu’ils appellent la « barbarie »   de la gouvernance.

Dans la ville et au-delà, des messages de solidarité et de compassion pour la cause des manifestants, pleuvent de partout.

 Les jeunes, ce samedi matin, ont fait le tour des familles des victimes de la manifestation. Ils se retrouveront dans la soirée pour décider de la stratégie à adopter pour qu’ils soient entendus par le palais Sékhoutoureya.

Le préfet et d’autres responsables de la préfecture, sont nichés pour se mettre à l’abri de la colère des manifestants.

 

Mohamed

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