Alors que le bilan du gouvernement sur le drame survenu au stade régional de N’zérékoré est toujours resté intact, un récent rapport d’enquête des organisations de défense des droits humains révèle qu’il y a eu au moins 140 morts, plusieurs blessés et onze portés disparus.
Face à cet état de fait, le président du Bloc Libéral dénonce ce qu’il qualifie d’un manque de promptitude et de transparence du Comité National du Rassemblement pour le Développement dans la gestion de cette tragédie.
Au cours d’un entretien accordé à notre rédaction ce lundi 17 février 2025, Docteur Faya Millimouno a longuement fustigé l’attitude du gouvernement de transition à cet effet.
« C’est la déception que nous ressentons de voir la vie humaine banalisée à ce point. En toile de fond : c’est la banalisation de la vie humaine. C’est une situation très décevante. », fustige-t-il d’entrée, avant de regretter l’inaction des autorités judiciaires du pays.
« Dans un État responsable, les procureurs s’auto-saisissent. On prend des actions en tant qu’appareil judiciaire pour identifier les auteurs, les traduire en justice et dans une procédure transparente. Il y a une volonté claire de ne pas gérer cette situation de façon transparente. Il y a un déni de justice qui est en train de prendre forme. On ne doit pas continuer à banaliser la vie humaine. On devait déjà avoir les premières audiences posant des questions à ceux qui ont organisé l’événement. Est-ce qu’ils ne savaient pas que ce stade était en chantier ? », a-t-il déclaré au micro de mosaiqueguinee.com.
Pour Docteur Faya Millimouno, les différentes annonces du gouvernement à propos de ce drame ne sont nullement fiables.
« Depuis que cette tragédie a eu lieu, des communications ont été faites, et on ne voulait même plus en parler. C’est lorsqu’ils ont su que le BL allait se rendre en Forêt pour présenter ses condoléances aux familles des victimes et mener d’autres activités que cette soi-disant mission a été programmée. Et ils ont parlé de rapport qui n’est jusqu’à présent, pas rendu public. On a annoncé par la voix du Premier ministre que le président s’adresserait au peuple de Guinée sur cette question, mais ça ressemble à toutes les autres promesses : référendum en 2024 et élections en 2025. », estime-t-il.
Le président du Bloc Libéral a par ailleurs loué l’exploit des organisations de défense des droits de l’homme et des avocats qui œuvrent pour que la vérité soit établie dans cette affaire.
Hadja Kadé Barry