Le procès de l’ex-directeur général de la Banque Nationale d’Investissement de Guinée et compagnie s’est poursuivi ce mercredi 26 février 2025 devant la chambre de jugement à la CRIEF. L’audience a été marquée par la comparution de gérant de Djoliba pêche, une société impliquée dans le même dossier. Il s’agit de Sory Doumbouya né en 1968 à Kouroussa. Il s’est présenté comme un économiste. Sa société est citée à comparaître par l’Etat guinéen pour détournement de deniers publics, corruption dans la passation du marché public, complicité, blanchiment de capitaux, faux et usage de faux et recel, a rappelé le juge. A la question de savoir s’il reconnaît les faits, sans ambages, le prévenu a répondu par la négative.
Pour enchaîner, la Cour s’est alors interrogée sur le rapport qui existe entre Djoliba pêche et la Banque Nationale d’Investissement de Guinée. Il en a existé, a répondu Sory Doumbouya avant d’expliquer les contours de ce rapport. Selon le gérant de Djoliba pêche, sa société est liée à la BNIG à travers une convention qu’elle a signée avec le ministère de la jeunesse le 28 octobre 2018 dans le cadre de la fabrication des barques en fibre de verre dont cette banque était chargée du financement.
« Pour la préservation de l’environnement, beaucoup de pays ont migré vers les barques de fibre de verre en lieu et place des barques en bois. C’est dans ce cadre que Djoliba pêche a été approché par le gouvernement à travers le ministère de la jeunesse et celui de la pêche en 2018 pour mettre en place un programme présidentiel pour la fabrication de ces barques qu’on devait donner aux pêcheurs artisans. Il y a eu un contrat qui a été passé à Djoliba pêche pour la production de 300 barques de fibre de verre. C’est cette convention qui nous lie », a précisé Sory Doumbouya.
Par rapport aux faits de corruption, a enchaîné le juge, il est indiqué dans le dossier que Djoliba pêche a reçu une somme de 7 milliards de francs guinéens sur son compte mais sans justification. Le prévenu a répondu que sa société a bien reçu les 7 milliards GNF, mais sur 16 milliards 800 millions GNF en application de la convention qui la lie au ministère de la jeunesse. Sur les 300 barques de fibre de verre, Djoliba pêche a pu livrer 120. A date, l’Etat guinéen lui reste devoir 9 milliards 800 millions GNF, a révélé Sory Doumbouya.
Un peu avant la comparution du gérant de Djoliba pêche, Alpha Mohamed Kallo, le principal prévenu a été interrogé par son avocat. Me Jean Baptiste Jocamey Haba à travers ses questions a voulu démontrer que son client ne saurait être cité comme complice de Afriland first bank dans ce dossier d’autant plus que les deux ne s’entendaient pas. Le premier a souvent dénoncé des conflits d’intérêts du second autour de la gestion de la Banque Nationale d’Investissement de Guinée. Des notes qui ont été adressées au président de la République d’alors dans ce sens, ont été communiquées à la Cour.
Au terme de ces deux interrogatoires, le juge a renvoyé l’affaire au 5 mars pour la comparution de Afriland first bank, la société Ejico, la communication des pièces et la suite des débats.
Sekou Diatéya